Le FGAR et les banques relancent les PME algériennes

Cette semaine, le Fonds de Garantie des Crédits aux PME (FGAR) a franchi une nouvelle étape dans son partenariat avec les banques commerciales, avec la signature de plusieurs conventions destinées à faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises aux crédits d’exploitation. Ces accords, annoncés par El Moudjahid, interviennent dans un contexte où le financement des très petites entreprises (TPE) et des PME en Algérie reste un enjeu structurel, malgré les efforts des autorités pour stimuler l’entrepreneuriat.

Un mécanisme de garantie qui se généralise

Le FGAR, institution publique créée pour accompagner les PME dans leur recherche de financement, a multiplié les partenariats avec les banques locales ces derniers mois. Ces conventions permettent aux établissements financiers de couvrir une partie des risques liés aux crédits octroyés aux entreprises, notamment les plus jeunes ou celles opérant dans des secteurs jugés risqués. Selon les termes de ces accords, le FGAR peut garantir jusqu’à 70 % du montant d’un crédit d’exploitation, réduisant ainsi la pression sur les bilans bancaires et encourageant les banques à prêter davantage.

Les secteurs ciblés incluent l’industrie, l’agroalimentaire et les services aux entreprises, des domaines où la demande de trésorerie est souvent immédiate. « Ces garanties sont cruciales pour les startups et les TPE qui n’ont pas toujours les garanties personnelles ou les actifs nécessaires pour obtenir un prêt classique », explique un responsable du FGAR cité par El Moudjahid.

Un signal pour les entrepreneurs algériens

Pour les entrepreneurs algériens, ces annonces représentent une bouffée d’oxygène. En 2025, le taux de refus des crédits aux PME par les banques commerciales est resté élevé, souvent en raison d’un manque de collatéraux ou d’un historique financier trop récent. Avec le FGAR, les dossiers refusés pour des raisons de garanties peuvent désormais être réexaminés, sous réserve de viabilité économique.

Les secteurs de l’agriculture moderne et de la transformation alimentaire, par exemple, bénéficient particulièrement de ces dispositifs. Un entrepreneur spécialisé dans la production de dattes en wilaya de Ouargla a pu obtenir un crédit de 15 millions de dinars pour moderniser son unité, grâce à une garantie du FGAR couvrant 60 % du prêt. « Sans cette garantie, la banque aurait exigé un apport personnel de 40 %, ce qui était impossible pour nous », témoigne-t-il.

Les limites du dispositif

Malgré ces avancées, des obstacles persistent. Les délais d’instruction des dossiers restent longs, parfois plusieurs semaines, ce qui décourage les entrepreneurs pressés par des besoins de trésorerie immédiats. De plus, les critères d’éligibilité au FGAR excluent encore certaines activités informelles ou les micro-entreprises sans comptabilité formalisée.

Les experts soulignent également que ces garanties ne résolvent pas le problème de fond : le manque de diversité des produits financiers adaptés aux PME. « Les crédits d’exploitation couvrent les besoins à court terme, mais l’Algérie manque de fonds dédiés à l’innovation ou à l’export », note un économiste basé à Alger.

Le rôle des banques dans l’écosystème

Côté banques, ces partenariats avec le FGAR s’inscrivent dans une stratégie de diversification de leurs portefeuilles. Les établissements comme la BNA, la BDL ou encore la BADR ont tous signé des accords avec le FGAR ces derniers mois. Pour elles, il s’agit de capter une clientèle PME souvent négligée au profit des grands comptes publics ou des grandes entreprises privées.

Cependant, certaines banques restent prudentes. « Nous évaluons chaque dossier au cas par cas, même avec la garantie du FGAR. Le risque de non-remboursement existe toujours, surtout dans un contexte économique incertain », confie un cadre de la BNA sous couvert d’anonymat.

Un alignement avec les orientations économiques

Ces initiatives s’inscrivent dans la droite ligne des réformes lancées par le gouvernement pour relancer l’investissement privé. En 2025, la Banque d’Algérie a assoupli certaines règles pour faciliter l’accès au crédit, notamment en réduisant les exigences de réserves obligatoires pour les banques qui financent les PME. Par ailleurs, le Forum du secteur privé organisé en mai 2025 par les filiales du Groupe de la Banque islamique de développement à Alger a mis en avant le rôle clé des PME dans la diversification de l’économie.

Pour les entrepreneurs de la diaspora algérienne, ces évolutions pourraient faciliter les projets de retour ou d’investissement en Algérie. « Un entrepreneur basé à l’étranger qui souhaite monter une entreprise en Algérie peut désormais plus facilement convaincre une banque locale, surtout si son projet est viable et qu’il bénéficie d’un accompagnement comme celui du FGAR », explique un consultant en investissement à Alger.

À retenir pour les entrepreneurs

Les garanties du FGAR couvrent jusqu’à 70 % d’un crédit d’exploitation pour les PME. Les secteurs de l’industrie et de l’agroalimentaire sont prioritaires dans ces dispositifs. Les délais d’instruction et les critères d’éligibilité restent des freins pour certaines entreprises.

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