Hydrogène vert en Algérie le guide GIZ qui change la donne

L’Algérie vient de franchir une étape concrète pour attirer les investisseurs étrangers dans l’hydrogène vert. L’agence allemande de coopération internationale (GIZ) a publié récemment un guide détaillant les opportunités d’investissement dans ce secteur, selon Algerie Eco. Ce document, accessible en ligne, évalue le potentiel algérien, les cadres réglementaires et les mécanismes de financement disponibles.

Le guide met en avant trois atouts majeurs. D’abord, l’ensoleillement exceptionnel du pays, avec plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an dans le Sud, permet une production d’électricité solaire à bas coût, essentielle pour l’électrolyse. Ensuite, l’Algérie dispose d’un réseau de gazoducs existant, comme le Medgaz et le Galsi, qui pourraient être adaptés pour transporter l’hydrogène vert vers l’Europe. Enfin, le pays a lancé en 2023 une stratégie nationale pour l’hydrogène vert, fixant un objectif de 10 gigawatts de capacité installée d’ici 2040.

Le document de la GIZ précise les zones géographiques prioritaires. Le Sud algérien, notamment les wilayas d’Adrar, Tamanrasset et Illizi, est identifié comme le plus prometteur en raison de ses ressources solaires et éoliennes. La région d’Oran, proche des infrastructures portuaires et des zones industrielles, est également ciblée pour des projets pilotes. Le guide souligne que les investisseurs étrangers peuvent bénéficier d’exonérations fiscales sur les équipements importés et d’un accès facilité aux terrains domaniaux.

Les mécanismes de financement sont un autre point clé. La GIZ indique que l’Algérie a signé des accords avec des banques de développement européennes, comme la KfW allemande et l’AFD française, pour cofinancer des projets d’hydrogène vert. Le Fonds national pour les énergies renouvelables (FNER) peut également apporter un soutien financier aux porteurs de projets. Le guide mentionne que les investisseurs peuvent rapatrier jusqu’à 100 % de leurs bénéfices, sous réserve du respect des réglementations en vigueur.

Les défis ne sont pas occultés. Le guide de la GIZ pointe la nécessité d’améliorer les infrastructures de transport et de stockage de l’hydrogène, ainsi que la formation de main-d’œuvre qualifiée. Il recommande aussi une simplification des procédures administratives pour accélérer les projets. Actuellement, la durée moyenne pour obtenir les autorisations nécessaires est estimée à 18 mois, un délai jugé trop long par les investisseurs internationaux.

Plusieurs projets sont déjà en cours. Sonatrach et l’allemand Siemens Energy ont annoncé en 2024 un partenariat pour développer une usine pilote d’hydrogène vert à Arzew. Le projet, d’un coût estimé à 500 millions d’euros, vise une production de 5 000 tonnes d’hydrogène vert par an d’ici 2027. Par ailleurs, la société française HDF Energy a signé un protocole d’accord avec le ministère de la Transition énergétique pour un projet de 300 mégawatts dans le Sud.

Le guide de la GIZ s’adresse principalement aux entreprises européennes, mais il intéresse aussi la diaspora algérienne. Les entrepreneurs de la diaspora peuvent jouer un rôle d’intermédiaires en facilitant les partenariats entre les investisseurs étrangers et les acteurs locaux. Le document souligne que les Algériens résidant à l’étranger peuvent investir dans des projets d’hydrogène vert via des sociétés de droit algérien, avec des avantages fiscaux similaires à ceux accordés aux étrangers.

Les retombées économiques sont significatives. Selon une étude citée par la GIZ, le développement de l’hydrogène vert pourrait créer jusqu’à 50 000 emplois directs et indirects en Algérie d’ici 2035. Le secteur pourrait également générer des revenus annuels de 2 à 3 milliards de dollars à l’horizon 2040, grâce aux exportations vers l’Europe. L’Algérie vise une part de 10 % du marché européen de l’hydrogène vert d’ici cette date.

Le timing de la publication du guide n’est pas anodin. L’Europe accélère sa transition énergétique et cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement en hydrogène vert, notamment après la guerre en Ukraine. L’Algérie, déjà premier fournisseur de gaz de l’Europe, se positionne comme un partenaire clé pour cette nouvelle filière. Le guide de la GIZ arrive aussi alors que le Maroc et la Mauritanie multiplient les annonces dans ce domaine, poussant l’Algérie à accélérer ses propres projets.

À retenir pour les entrepreneurs
L’hydrogène vert en Algérie offre des opportunités concrètes avec des avantages fiscaux et un accès aux financements européens. Les projets dans le Sud et près des zones portuaires sont prioritaires, mais nécessitent une préparation minutieuse pour surmonter les délais administratifs. La diaspora peut faciliter les partenariats et investir via des sociétés locales.

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