La deuxième édition de la Journée nationale du couscous algérien s’est tenue récemment à Alger, confirmant l’importance de ce plat emblématique dans le patrimoine culinaire du pays. Organisée sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts, cette manifestation a réuni des chefs, des artisans et des amateurs autour d’un mets qui incarne l’identité gastronomique algérienne.
Selon la Radio algérienne, l’événement a mis en avant les différentes variantes du couscous à travers le pays, des recettes traditionnelles des Aurès aux versions plus modernes adaptées aux goûts contemporains. Des ateliers de préparation ont été animés par des cuisiniers locaux, permettant au public de découvrir les techniques ancestrales de fabrication de la semoule et des accompagnements.
Parmi les temps forts, une dégustation géante a été organisée sur la place des Martyrs, où des centaines de visiteurs ont pu goûter des plats préparés par des associations culinaires et des restaurants algérois. Le couscous algérois, souvent accompagné de légumes, de viande et d’une sauce épicée, a été particulièrement mis à l’honneur, tout comme les versions sucrées réservées aux occasions festives.
Cette célébration s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation du patrimoine immatériel algérien. En 2020, le couscous avait été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, une reconnaissance internationale qui a renforcé la fierté nationale autour de ce plat. Les autorités algériennes, en collaboration avec des experts en gastronomie, travaillent désormais à promouvoir le couscous comme un symbole de l’Algérie à l’étranger.
Un patrimoine à préserver et à exporter
La deuxième édition de la Journée du couscous a également servi de plateforme pour discuter des enjeux liés à la préservation des recettes traditionnelles. Des chefs comme Sherazade Laoudedj, auteure du livre « Algérie – 60 recettes saines et savoureuses », ont souligné l’importance de transmettre ces savoir-faire aux jeunes générations. « Le couscous n’est pas qu’un simple plat, c’est une histoire, une culture, et il faut veiller à ce qu’il ne se perde pas dans la modernité », a-t-elle déclaré lors d’une conférence.
Par ailleurs, des initiatives visant à exporter le couscous algérien ont été évoquées. Plusieurs restaurateurs présents à l’événement ont exprimé leur volonté de faire découvrir ce mets en Europe et en Amérique du Nord, où la demande pour des cuisines authentiques et variées ne cesse de croître. Des partenariats avec des distributeurs étrangers sont en discussion, notamment pour exporter la semoule de qualité produite en Algérie.
Une dimension économique et touristique
Au-delà de son aspect culturel, le couscous représente aussi un levier économique pour l’Algérie. La production de semoule, d’épices et d’ingrédients associés génère des emplois dans plusieurs régions du pays. Selon des chiffres du ministère du Commerce, les exportations de produits liés à la préparation du couscous ont augmenté de 15 % en 2024, une tendance qui pourrait s’accélérer avec une meilleure promotion à l’international.
Le secteur du tourisme gastronomique pourrait également bénéficier de cette dynamique. Des agences de voyage algériennes commencent à proposer des circuits culinaires centrés sur le couscous, attirant des visiteurs étrangers désireux de découvrir les secrets de sa préparation. À Alger, des restaurants comme Le Petit Rocher ou Casbah Café ont déjà intégré des menus spéciaux mettant en valeur ce plat, avec un succès croissant auprès des touristes.
Défis et opportunités
Malgré ces avancées, des défis persistent. La standardisation des recettes et la concurrence des versions industrielles posent question. Certains puristes craignent que la commercialisation à grande échelle ne dénature le couscous traditionnel. « Il faut trouver un équilibre entre modernisation et respect des méthodes ancestrales », explique un artisan semoulier de Blida, présent à l’événement.
Un autre enjeu est la formation des jeunes cuisiniers. Plusieurs écoles hôtelières algériennes, comme l’Institut national de formation hôtelière (INFH) d’Alger, ont intégré des modules dédiés à la cuisine traditionnelle, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires pour garantir la transmission des techniques artisanales.
Enfin, la question de la propriété intellectuelle se pose avec acuité. Alors que le Maroc, la Tunisie et la Mauritanie revendiquent également la paternité du couscous, l’Algérie doit renforcer sa stratégie de communication pour affirmer sa spécificité. Des campagnes de promotion ciblées, notamment lors de salons internationaux comme le Sirha à Lyon, pourraient aider à positionner le couscous algérien comme une référence mondiale.
Cette deuxième édition de la Journée du couscous a montré que ce plat, bien plus qu’un simple mets, est un symbole de l’Algérie. Entre tradition et modernité, il incarne la richesse d’un patrimoine culinaire qui mérite d’être partagé avec le monde.