L’Algérie accélère sa transition vers un système de production agricole moderne en misant sur le développement de races bovines locales adaptées et à haut rendement. Selon aps.dz, cette stratégie vise à renforcer la sécurité alimentaire du pays tout en réduisant la dépendance aux importations de viande et de lait. Une approche qui combine innovation technologique et valorisation des ressources génétiques nationales.
Une réponse à la dépendance aux importations
Le directeur général de l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie (INRAA), Dr. Mohamed Benali, a souligné que « les races locales, comme la race bovine Ouled Djellal ou la race bovine Tazegzawt, présentent des atouts majeurs : résistance aux maladies, adaptation aux pâturages algériens et faible besoin en intrants ». Ces caractéristiques en font des candidates idéales pour une production durable et compétitive.
Modernisation des techniques d’élevage
Par ailleurs, des fermes pilotes ont été mises en place dans plusieurs wilayas, dont Tiaret, Sétif et Batna, pour tester ces nouvelles approches. Ces fermes servent de modèles pour les éleveurs locaux, qui bénéficient de formations sur les bonnes pratiques d’élevage et la gestion des troupeaux. « L’objectif est de passer d’un élevage traditionnel à un élevage rationnel, basé sur des données scientifiques », explique un responsable du ministère de l’Agriculture.
Enjeux économiques et environnementaux
Sur le plan environnemental, ces races locales, adaptées aux conditions climatiques algériennes, nécessitent moins d’eau et de nourriture que les races importées. Cela réduit la pression sur les ressources naturelles, notamment dans les régions arides où l’élevage extensif est pratiqué. « En optimisant l’utilisation des pâturages et en limitant les intrants, nous pouvons rendre l’élevage plus durable », affirme un expert en agroécologie.
Défis à relever
Un autre défi concerne le financement. Les programmes de sélection génétique et de modernisation des fermes nécessitent des investissements importants. Selon aps.dz, des partenariats public-privé sont envisagés pour soutenir ces initiatives, mais leur mise en œuvre tarde. « Il faut des fonds pour équiper les fermes, former les éleveurs et développer les infrastructures », souligne un responsable du secteur.
Enfin, la question de la commercialisation des produits issus de ces races locales reste cruciale. Les consommateurs algériens, habitués aux produits importés, doivent être sensibilisés aux avantages des races locales en termes de qualité et de prix. Des campagnes de promotion sont en cours pour valoriser ces produits sur le marché national.
Vers une autonomie alimentaire renforcée
Si les résultats se concrétisent, cette stratégie pourrait permettre au pays de réduire sa facture d’importation et de renforcer son autonomie en viande et en lait. Pour y parvenir, une coordination entre les acteurs publics, les chercheurs et les éleveurs sera essentielle. Comme le résume un expert du secteur, « l’avenir de l’élevage algérien passe par l’innovation et la valorisation de nos ressources locales ».