L’Algérie face aux défis du solaire pour son économie

L’Algérie, riche en ressources naturelles et déterminée à diversifier son économie, mise de plus en plus sur le solaire comme levier de croissance. Selon El Moudjahid, ce choix s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures et à positionner le pays comme un acteur clé des énergies renouvelables en Afrique. Pourtant, malgré des atouts indéniables, plusieurs obstacles freinent encore le développement de cette filière.

Un potentiel solaire sous-exploité

Le gouvernement algérien a fixé des objectifs ambitieux dans son plan de développement des énergies renouvelables, visant 15 000 mégawatts (MW) de capacité solaire d’ici 2035. Pour y parvenir, plusieurs projets ont été lancés, comme la centrale de Hassi R’Mel, d’une capacité de 150 MW, ou celle de Ouargla, en cours de construction. Ces initiatives s’accompagnent de partenariats internationaux, notamment avec des entreprises allemandes et chinoises, pour le transfert de technologies et le financement.

Des freins structurels et financiers

Un autre obstacle réside dans le cadre réglementaire. Bien que des lois aient été adoptées pour encourager les énergies renouvelables, leur application reste inégale. Les procédures administratives, jugées lentes et complexes, découragent les investisseurs étrangers. Par ailleurs, le réseau électrique national, vieillissant et centralisé, n’est pas encore adapté à l’intégration massive d’énergies intermittentes comme le solaire. Des travaux de modernisation sont en cours, mais leur coût et leur durée posent question.

La question du stockage et de l’industrialisation

Parallèlement, l’industrialisation de la filière solaire est un enjeu stratégique. Actuellement, la majorité des panneaux solaires utilisés en Algérie sont importés, principalement de Chine. Le gouvernement encourage la création d’une industrie locale, avec des projets d’usines d’assemblage et de fabrication de composants. Cependant, le manque de main-d’œuvre qualifiée et de savoir-faire technologique freine ces ambitions. Des programmes de formation sont en place, mais leurs effets ne se feront sentir qu’à moyen terme.

Les opportunités économiques et géopolitiques

Sur le plan géopolitique, l’Algérie cherche à se positionner comme un fournisseur d’énergie verte pour l’Europe. Des discussions sont en cours avec des pays comme l’Allemagne et l’Italie pour exporter de l’électricité solaire via des câbles sous-marins. Ce projet, s’il aboutit, pourrait générer des revenus importants et renforcer la coopération énergétique entre les deux rives de la Méditerranée.

Un modèle à réinventer

Enfin, la sensibilisation des citoyens est essentielle. Des campagnes d’information sur les avantages des énergies renouvelables et les possibilités d’autoproduction sont nécessaires pour encourager l’adoption du solaire à petite échelle. Des initiatives comme le programme « Solar Rooftop », qui vise à équiper les toits des bâtiments publics et privés de panneaux solaires, montrent la voie.

L’Algérie a tous les atouts pour devenir un leader du solaire en Afrique, mais le chemin reste semé d’embûches. La réussite de cette transition dépendra de la capacité du pays à surmonter ses défis structurels, à mobiliser des financements et à innover. Une chose est sûre : l’avenir énergétique de l’Algérie se joue en partie sous le soleil du Sahara.

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