L’Algérie face au choc alimentaire russo-ukrainien

La guerre en Ukraine a révélé la vulnérabilité des systèmes alimentaires africains, plongeant des millions de personnes dans l’insécurité nutritionnelle. Selon ssa.foodsecurityportal.org, ce conflit a exacerbé des crises préexistantes, notamment en Algérie, où les dépendances aux importations de céréales et d’engrais ont mis en lumière les failles d’une stratégie agricole encore trop fragile.

Des prix volatils et des stocks sous pression

Les petits agriculteurs, déjà fragilisés par la sécheresse récurrente, subissent de plein fouet cette crise. Dans les wilayas du sud, comme Adrar ou Tamanrasset, les rendements des cultures vivrières ont chuté de 20 % en 2022, selon les données citées par la source. Les subventions étatiques sur les semences et les intrants n’ont pas suffi à compenser l’envolée des prix, poussant certains exploitants à abandonner leurs terres.

Une souveraineté alimentaire encore lointaine

La filière laitière illustre ces défis. Malgré une production locale en hausse, l’Algérie importe encore 50 % de ses besoins en poudre de lait, principalement d’Europe. La guerre en Ukraine a perturbé les approvisionnements, faisant grimper les prix de 40 % en un an. Les éleveurs algériens, confrontés à la hausse des aliments pour bétail, peinent à maintenir leurs marges. Certains ont réduit leurs troupeaux, aggravant la pénurie.

Vers une résilience par l'innovation

Ensuite, la diversification des partenariats commerciaux. L’Algérie a récemment signé des accords avec l’Inde et le Brésil pour sécuriser ses approvisionnements en blé et en engrais. Mais ces mesures restent insuffisantes sans une véritable intégration régionale. Le rapport insiste sur la nécessité de renforcer les échanges intra-africains, notamment via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). « L’Algérie pourrait jouer un rôle clé en exportant ses excédents de dattes ou d’huile d’olive vers les pays voisins, tout en important des denrées qu’elle ne produit pas », suggère la source.

Enfin, la modernisation des chaînes de valeur locales. La transformation des produits agricoles sur place, plutôt que leur exportation brute, permettrait de créer des emplois et de réduire les pertes post-récolte, estimées à 30 % pour certains produits. Des initiatives comme les coopératives de femmes dans la wilaya de Blida, qui transforment les fruits en confitures, montrent que des solutions existent, mais elles manquent de soutien financier.

Un appel à l'action

Pour l’instant, les signaux sont mitigés. D’un côté, les autorités ont annoncé une enveloppe de 100 milliards de dinars pour soutenir l’agriculture en 2023. De l’autre, les lenteurs administratives et le manque de coordination entre les ministères freinent les avancées. Comme le résume le rapport, « la sécurité alimentaire ne se décrète pas, elle se construit ». L’Algérie en a les moyens, mais le temps presse.

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