La Société algérienne des foires et expositions (Safex) a dévoilé récemment un programme ambitieux pour l’année 2024, comprenant 54 manifestations culturelles, économiques et artistiques. Selon L’Algérie Aujourd’hui, ce calendrier vise à renforcer la visibilité de l’Algérie sur la scène internationale tout en valorisant son patrimoine et ses créateurs locaux.
Le complexe Safex, situé à Alger, accueillera une grande partie de ces événements, dont plusieurs salons dédiés à l’artisanat, à la littérature et aux industries culturelles. Parmi les rendez-vous phares, le Salon international du livre d’Alger (SILA) et le Salon international de l’artisanat traditionnel (SIAT) figurent en tête de liste. Ces manifestations attirent chaque année des milliers de visiteurs et des exposants venus de tout le pays, ainsi que des délégations étrangères.
D’après les responsables de la Safex, ce programme s’inscrit dans une stratégie plus large de promotion de la culture algérienne. « Ces événements permettent de créer des ponts entre les acteurs locaux et internationaux, tout en offrant une vitrine aux talents algériens », a déclaré un porte-parole de l’institution. La Safex compte également sur ces rendez-vous pour dynamiser l’économie créative, un secteur en pleine expansion en Algérie.
Parmi les nouveautés de cette édition, un espace sera consacré aux jeunes créateurs, avec des ateliers et des rencontres autour des métiers de l’art et du design. Le secteur de l’artisanat, en particulier, bénéficiera d’une attention particulière, avec des démonstrations de savoir-faire traditionnels comme la poterie, la broderie et la fabrication de bijoux. Ces initiatives visent à préserver ces métiers tout en les adaptant aux attentes du marché moderne.
La Safex a également annoncé des partenariats avec plusieurs institutions culturelles algériennes, dont le ministère de la Culture et des Arts et l’Office national de la culture et de l’information (ONCI). Ces collaborations permettront d’élargir la portée des événements et d’assurer une meilleure organisation logistique. Par exemple, le Salon de l’artisanat traditionnel, prévu pour le dernier trimestre de l’année, bénéficiera d’un soutien technique et financier accru pour attirer davantage d’exposants étrangers.
Les retombées économiques de ces manifestations sont déjà visibles. Selon des données fournies par la Safex, les éditions précédentes ont généré des millions de dinars de chiffre d’affaires pour les artisans et les entreprises participantes. En 2023, le Salon international du livre d’Alger avait enregistré plus de 300 000 visiteurs et 500 exposants, un record pour l’événement. Les organisateurs espèrent dépasser ces chiffres en 2024, avec une fréquentation en hausse de 15 % selon leurs projections.
Cependant, certains défis persistent. Les professionnels du secteur pointent du doigt les difficultés logistiques, comme le transport des œuvres et des artisans depuis les wilayas éloignées, ainsi que les contraintes administratives pour les participants étrangers. « Il faut simplifier les procédures pour les exposants internationaux, sinon nous risquons de perdre des opportunités », souligne un responsable d’une association d’artisans interrogé par El Watan.
Pour répondre à ces enjeux, la Safex a mis en place un guichet unique pour faciliter les démarches des exposants. Des mesures ont également été prises pour améliorer l’accueil des visiteurs, avec des espaces de restauration et des zones de repos aménagées sur le site. Par ailleurs, une campagne de communication digitale a été lancée pour promouvoir les événements auprès des jeunes et des familles.
L’un des temps forts de ce programme sera la tenue du Festival international des arts populaires, prévu en octobre. Cet événement mettra en avant les danses, les chants et les costumes traditionnels de différentes régions d’Algérie, avec la participation d’artistes venus du Maghreb et d’Afrique subsaharienne. « C’est une occasion unique de célébrer la diversité culturelle de notre pays et de la partager avec le monde », explique un membre du comité d’organisation.
La Safex a également prévu des rencontres professionnelles pour les acteurs du secteur culturel, avec des tables rondes sur des thèmes comme le financement des projets artistiques ou la protection des droits d’auteur. Ces discussions visent à créer un écosystème plus favorable au développement des industries créatives en Algérie.
Enfin, la dimension internationale de ces événements ne sera pas négligée. Plusieurs délégations étrangères ont déjà confirmé leur présence, notamment pour le Salon du tourisme, qui se tiendra en juin. Ce salon sera l’occasion de présenter les atouts touristiques de l’Algérie, comme les sites archéologiques de Timgad et de Djemila, ou encore les paysages du Sahara. « Nous voulons montrer que l’Algérie est une destination sûre et attractive », affirme un responsable du ministère du Tourisme.
Avec ce programme chargé, la Safex entend positionner l’Algérie comme un acteur majeur dans le domaine des foires et expositions en Afrique. Les retombées économiques et culturelles de ces événements pourraient être significatives, à condition que les défis logistiques et administratifs soient surmontés. Pour les Algériens, ces rendez-vous sont aussi l’occasion de redécouvrir leur patrimoine et de soutenir les talents locaux.