L’Algérie accélère ses investissements sous Tebboune

L’Algérie a récemment engagé une série de mesures pour attirer les investissements, un tournant qui pourrait redessiner le paysage entrepreneurial du pays. Selon APAnews, le gouvernement algérien a annoncé un plan d’accélération des investissements, avec des réformes ciblées pour simplifier les procédures et stimuler l’économie. Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large, marquée par des signaux encourageants pour les entrepreneurs locaux et la diaspora.

Des réformes pour lever les freins bureaucratiques
Le président Abdelmadjid Tebboune a insisté sur la nécessité de réduire les délais administratifs, un obstacle majeur pour les créateurs d’entreprise. Selon des sources proches du ministère de l’Industrie, les démarches pour obtenir une licence d’exploitation pourraient être raccourcies de 6 à 3 mois dans certains secteurs stratégiques, comme les énergies renouvelables et l’agroalimentaire. Cette simplification s’accompagne d’une digitalisation accrue des services publics, avec la mise en place d’une plateforme unique pour les investisseurs, annoncée par le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane en juin 2026.

Les secteurs prioritaires en ligne de mire
Le gouvernement cible particulièrement les industries à forte valeur ajoutée. Le ministère de l’Énergie a révélé que les investissements dans les énergies solaires et éoliennes devraient atteindre 5 milliards de dollars d’ici 2028, avec des incitations fiscales pour les projets dépassant 50 mégawatts. Dans le numérique, l’Algérie vise à attirer les géants du cloud et de l’intelligence artificielle, en offrant des exonérations douanières sur les équipements technologiques. Selon un rapport récent de la Banque mondiale, ces mesures pourraient générer jusqu’à 200 000 emplois d’ici 2030, principalement dans les régions du Sud, où les parcs industriels se multiplient.

La diaspora algérienne, un levier sous-exploité
La nouvelle stratégie inclut des dispositifs spécifiques pour la diaspora, qui représente un potentiel de 2,5 millions de personnes et des transferts annuels estimés à 2 milliards de dollars. Le ministre des Finances, Brahim Djamel Kassali, a annoncé la création d’un fonds dédié aux projets portés par les Algériens de l’étranger, avec des prêts à taux préférentiels et un accompagnement personnalisé. « Nous voulons transformer les transferts d’argent en investissements productifs », a-t-il déclaré lors d’un forum organisé à Paris en avril 2026. Des agences spécialisées seront ouvertes dans les consulats de France, du Canada et des Émirats arabes unis pour faciliter les démarches.

Les défis persistants
Malgré ces avancées, des obstacles subsistent. Les entrepreneurs pointent du doigt la lenteur des banques à financer les startups, malgré les garanties étatiques. « Les fonds sont là, mais les procédures internes des banques découragent souvent les porteurs de projets », explique Samir Grimes, fondateur d’une fintech algéroise. Par ailleurs, la corruption et les passe-droits restent un sujet sensible, bien que le gouvernement ait renforcé les contrôles via la Haute Autorité de Transparence (HAT). Selon Transparency International, l’Algérie a progressé de 12 places dans son classement 2025, mais reste 105e sur 180 pays.

Un contexte économique favorable
Cette accélération des investissements s’appuie sur une conjoncture économique solide. Le Fonds monétaire international (FMI) a salué la « robustesse » de l’économie algérienne en juillet 2026, citant une croissance de 3,8 % en 2025 et des réserves de change stables à 60 milliards de dollars. La production pétrolière a atteint son plus haut niveau depuis trois ans, avec 1,1 million de barils par jour, selon MSN. Ces indicateurs rassurent les investisseurs, mais le gouvernement mise aussi sur la diversification pour réduire la dépendance aux hydrocarbures.

Les opportunités pour les PME
Les petites et moyennes entreprises (PME) sont au cœur de cette stratégie. Le ministère du Commerce a lancé un programme de subventions pour les PME exportatrices, avec un budget de 100 milliards de dinars (environ 700 millions d’euros). Les secteurs de l’agroalimentaire et du textile bénéficient d’un soutien particulier, avec des partenariats publics-privés pour moderniser les chaînes de production. « Nous visons une augmentation de 30 % des exportations hors hydrocarbures d’ici 2027 », a indiqué le ministre Kamel Rezig lors d’une conférence à Alger.

À retenir pour les entrepreneurs
L’Algérie offre désormais des conditions plus favorables pour les investissements, avec des délais administratifs réduits et des incitations fiscales dans les secteurs stratégiques. La diaspora dispose de nouveaux outils pour financer des projets locaux, tandis que les PME peuvent compter sur des subventions pour se développer à l’export. Les défis persistent, mais le contexte économique actuel et les réformes en cours créent un environnement propice à la création d’entreprise.

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