Le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf a reçu récemment Brett McGurk, conseiller principal du président américain Joe Biden pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, à Alger. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du « dialogue stratégique » engagé entre l’Algérie et les États-Unis depuis 2022, selon des sources officielles citées par El Watan. Les discussions ont porté sur plusieurs dossiers régionaux, notamment la situation au Sahel, le conflit au Sahara occidental et la crise au Proche-Orient.
D’après le communiqué du ministère des Affaires étrangères, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération bilatérale, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’énergie et de la lutte contre le terrorisme. Attaf a souligné l’importance d’une approche « équilibrée » pour résoudre les crises régionales, en référence aux tensions persistantes au Sahara occidental et à la montée des groupes armés au Sahel. McGurk, de son côté, a salué le rôle « stabilisateur » de l’Algérie dans la région, notamment face aux défis sécuritaires et géopolitiques.
Un partenariat énergétique en discussion
La Sonatrach, qui a récemment signé des accords avec des entreprises européennes pour augmenter ses capacités d’exportation, pourrait bénéficier de cette dynamique. Cependant, les détails concrets de ces projets restent encore flous, et aucune annonce officielle n’a été faite à ce stade.
Sahara occidental et rivalité Maroc-Algérie
Cette divergence de vues n’a pas empêché les deux parties de souligner l’importance de maintenir un dialogue constructif. Selon L’Express, l’Algérie a exprimé ses réserves quant au projet de l’ONU pour le Sahara occidental, jugé « déséquilibré » en faveur du Maroc. Attaf a insisté sur la nécessité de respecter le droit international et les résolutions onusiennes, sans céder aux pressions extérieures.
Sécurité au Sahel : l’Algérie en première ligne
Les États-Unis, qui ont réduit leur présence militaire en Afrique ces dernières années, semblent désormais privilégier une stratégie de partenariat avec des pays comme l’Algérie et le Maroc. Cependant, comme le souligne Le Matin.ma, Washington mise davantage sur Rabat pour ses intérêts sécuritaires en Afrique du Nord, ce qui pourrait créer des tensions avec Alger. Attaf a rappelé que l’Algérie refuse toute ingérence étrangère dans la région et prône une solution « africaine » aux crises sahéliennes.
Prochaines étapes : vers une visite de haut niveau ?
Pour l’Algérie, cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification de ses partenariats internationaux. Après avoir renforcé ses liens avec la Chine, la Russie et l’Union européenne, Alger cherche désormais à consolider sa relation avec Washington, sans pour autant s’aligner sur ses positions. Comme l’a souligné Attaf lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre, l’Algérie « ne sera jamais un satellite, mais un partenaire indépendant et souverain ».