Fayçal Bentaleb confirme la retraite proportionnelle pour les expatriés

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Fayçal Bentaleb, a mis fin aux discussions sur l’application de la retraite proportionnelle pour les travailleurs algériens expatriés. Selon EL Moudjahid, cette décision, annoncée récemment, clarifie le cadre juridique applicable aux cotisations et aux droits des Algériens résidant à l’étranger. Elle s’inscrit dans une volonté de sécuriser les acquis sociaux d’une communauté estimée à plus de deux millions de personnes, dont une partie significative contribue au système de retraite national.

Un dispositif déjà en vigueur, mais mal connu

Les expatriés concernés sont ceux ayant cotisé au régime algérien avant leur départ ou ceux qui continuent à verser des contributions depuis l’étranger. Les périodes travaillées hors d’Algérie, sous certaines conditions, peuvent être prises en compte pour le calcul de la pension, à condition que les cotisations aient été régulièrement déclarées et payées. Cette mesure vise à éviter les situations de précarité à l’âge de la retraite, notamment pour les travailleurs ayant exercé dans des pays où les systèmes de protection sociale sont moins avantageux.

Des obstacles persistants malgré la clarification

Un autre enjeu concerne la portabilité des droits. Les accords bilatéraux de sécurité sociale, signés avec des pays comme la France ou la Belgique, permettent en théorie une coordination entre les régimes. Cependant, leur application concrète reste inégale. Par exemple, un travailleur algérien ayant cotisé en France peut transférer ses droits vers l’Algérie, mais les modalités de calcul diffèrent selon les conventions, ce qui complique l’accès à une pension complète. Fayçal Bentaleb a indiqué que des discussions étaient en cours pour harmoniser ces accords, sans préciser de calendrier.

Un impact économique et social sous-estimé

Sur le plan social, cette mesure pourrait renforcer le lien entre la diaspora et le pays. Les transferts d’argent des expatriés, qui atteignent près de 2 milliards de dollars par an, jouent un rôle clé dans l’économie familiale et locale. Une meilleure protection sociale pourrait inciter davantage de travailleurs à maintenir leurs cotisations en Algérie, plutôt que de se tourner vers des régimes étrangers. Cela aurait aussi un effet psychologique : la reconnaissance de leurs droits pourrait encourager les expatriés à investir davantage dans leur pays d’origine, que ce soit par des projets immobiliers ou des initiatives entrepreneuriales.

Des attentes en matière de simplification

La question des cotisations volontaires est aussi soulevée. Actuellement, les expatriés peuvent cotiser sur une base volontaire, mais les montants minimaux sont souvent jugés trop élevés pour les petits revenus. Une révision de ces seuils, couplée à des incitations fiscales, pourrait augmenter le nombre de cotisants. Fayçal Bentaleb n’a pas évoqué de réforme en ce sens, mais le sujet pourrait être abordé lors des prochaines discussions sur la réforme des retraites, prévue pour 2024.

Une décision qui s’inscrit dans une dynamique plus large

Cependant, ces avancées restent fragiles. Les expatriés expriment régulièrement leur méfiance envers les institutions algériennes, en raison de lenteurs bureaucratiques et d’un manque de transparence. Pour que la retraite proportionnelle ne reste pas une promesse théorique, une refonte des procédures et une meilleure coordination entre les ministères concernés (Travail, Affaires étrangères, Finances) seront nécessaires. Le ministre du Travail a assuré que des « mesures opérationnelles » seraient annoncées prochainement, sans donner plus de détails.

En attendant, les travailleurs expatriés sont invités à se rapprocher des représentations consulaires ou des caisses de sécurité sociale pour régulariser leur situation. Une tâche qui, malgré les clarifications apportées, s’annonce encore longue et complexe.

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