Le Fonds international de développement agricole (FIDA) et BF S.p.A., premier groupe agroalimentaire italien, ont annoncé récemment un partenariat visant à renforcer l’agriculture durable et inclusive en Afrique. Selon ifad.org, cette collaboration s’inscrit dans une dynamique de modernisation des filières agricoles du continent, avec des retombées potentielles pour l’Algérie, où les enjeux de sécurité alimentaire et de diversification économique restent cruciaux.
Un partenariat aux ambitions continentales
Pour l’Algérie, ce type d’initiative pourrait offrir des leviers concrets. Le pays, qui importe près de 50 % de ses besoins alimentaires selon les dernières données du ministère de l’Agriculture, cherche à réduire sa dépendance aux marchés internationaux. Les projets portés par le FIDA et BF S.p.A. pourraient inspirer des modèles adaptés aux réalités locales, notamment dans les régions sahariennes où l’agriculture oasienne peine à se moderniser.
L’Algérie dans le viseur des investisseurs
Les zones rurales algériennes, où vivent encore 30 % de la population, pourraient bénéficier de ces échanges. Le FIDA a déjà soutenu des projets similaires en Algérie, comme le Programme d’appui au développement rural durable (PADR), qui a permis d’améliorer les infrastructures d’irrigation dans plusieurs wilayas. Une collaboration avec BF S.p.A. pourrait élargir ces initiatives à des domaines comme la gestion des déchets agricoles ou l’agriculture de précision.
Des défis à relever
Un autre enjeu concerne la durabilité environnementale. L’Algérie, classée parmi les pays les plus vulnérables au changement climatique, subit des sécheresses récurrentes qui menacent les récoltes. Les techniques promues par le FIDA et BF S.p.A., comme l’irrigation goutte-à-goutte ou la rotation des cultures, pourraient atténuer ces risques. Cependant, leur adoption à grande échelle nécessitera des investissements massifs et une formation adaptée des agriculteurs.
Vers une intégration régionale ?
Les autorités algériennes ont d’ailleurs réaffirmé leur volonté de renforcer les échanges intra-africains, notamment via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Un partenariat avec BF S.p.A., qui dispose d’un réseau logistique étendu, pourrait faciliter l’accès des produits algériens à de nouveaux marchés. À l’inverse, l’Algérie pourrait attirer des investissements italiens dans ses zones industrielles agricoles, comme celle de Sidi Bel Abbès, dédiée à la transformation des fruits et légumes.
Un modèle à adapter
Enfin, la question du financement reste centrale. Le FIDA et BF S.p.A. prévoient de mobiliser des fonds mixtes, combinant aides publiques et capitaux privés. En Algérie, où les banques hésitent encore à financer les petits agriculteurs, ce type de mécanisme pourrait ouvrir de nouvelles perspectives. Des outils comme les garanties de crédit ou les fonds de roulement dédiés aux coopératives pourraient être explorés pour faciliter l’accès au financement.
Ce partenariat rappelle que l’agriculture africaine, longtemps perçue comme un secteur à faible valeur ajoutée, attire désormais l’attention des grands groupes internationaux. Pour l’Algérie, l’enjeu n’est pas seulement économique, mais aussi stratégique : réduire la facture des importations alimentaires, qui a dépassé les 10 milliards de dollars en 2024, tout en créant des emplois dans les zones rurales. La collaboration entre le FIDA et BF S.p.A. pourrait ainsi servir de catalyseur pour une transformation profonde du secteur, à condition que les acteurs locaux s’en emparent.