Henkel Algérie a récemment placé la transition vers une industrie durable au cœur des débats économiques nationaux. Lors d’un forum organisé à Alger, l’entreprise a présenté ses initiatives pour réduire l’empreinte écologique des secteurs chimique et manufacturier, tout en renforçant la compétitivité des produits « Made in Algeria ». Ces discussions s’inscrivent dans un contexte où l’Algérie cherche à diversifier son économie et à répondre aux exigences environnementales internationales.
Selon Algerie Eco, qui a couvert l’événement, Henkel Algérie a mis en avant son engagement à travers plusieurs axes stratégiques. Parmi eux, l’optimisation des procédés de production pour limiter la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que le développement de solutions d’emballages recyclables. L’entreprise, filiale du groupe allemand Henkel, collabore avec des partenaires locaux pour intégrer ces pratiques dans les usines algériennes.
L’un des projets phares évoqués concerne la mise en place de normes durables pour les détergents et les produits d’entretien fabriqués en Algérie. Henkel Algérie travaille avec des fournisseurs locaux pour sourcer des matières premières moins polluantes, tout en garantissant la qualité des produits finis. « Notre objectif est de créer un écosystème où la durabilité devient un levier de croissance, pas une contrainte », a déclaré un responsable de l’entreprise lors du forum.
Des défis techniques et réglementaires
Le ministère de l’Industrie a récemment annoncé des mesures pour soutenir cette transition, comme des subventions pour les entreprises investissant dans des technologies propres. Cependant, leur mise en œuvre reste lente. « Les incitations fiscales existent, mais leur application est complexe et manque de visibilité », explique un expert en économie industrielle cité par El Watan.
L’exemple des partenariats locaux
Un autre projet en cours concerne la formation des employés et des sous-traitants aux bonnes pratiques environnementales. Henkel Algérie organise des ateliers dans ses usines à Alger et Oran pour sensibiliser les travailleurs aux enjeux de la durabilité. « La formation est essentielle pour changer les mentalités et intégrer ces nouvelles méthodes dans le quotidien des entreprises », précise un cadre de l’entreprise.
Un modèle pour d’autres secteurs
Dans le domaine pharmaceutique, des entreprises comme Saidal ont déjà entamé des démarches pour réduire leurs émissions de CO2 et optimiser leur chaîne d’approvisionnement. Cependant, ces initiatives restent isolées et gagneraient à être généralisées, selon les observateurs.
Vers une économie circulaire
L’un de ces projets concerne la valorisation des déchets plastiques issus des usines de détergents. Ces déchets sont transformés en granulés réutilisables pour la fabrication de nouveaux emballages. « C’est un cercle vertueux qui crée de la valeur tout en réduisant l’impact environnemental », explique un ingénieur de Henkel Algérie.
Les attentes des consommateurs
Henkel Algérie a lancé une gamme de produits « éco-responsables » sous la marque Persil, avec des emballages 100 % recyclables et des formules sans phosphates. Ces produits, fabriqués localement, rencontrent un succès grandissant, notamment auprès des jeunes consommateurs. « Les Algériens veulent des produits qui allient qualité et respect de l’environnement. C’est une opportunité pour les entreprises locales de se différencier », analyse un économiste cité par Liberté.
Un enjeu géopolitique
Henkel Algérie, en tant qu’entreprise internationale implantée en Algérie, joue un rôle de pont entre les standards européens et les réalités locales. Son engagement pour une industrie durable pourrait encourager d’autres multinationales à suivre cet exemple, renforçant ainsi l’attractivité du pays.
Les prochaines étapes
Le gouvernement algérien a annoncé la création d’un fonds spécial pour soutenir les projets durables, mais son déploiement tarde. « Les entreprises ont besoin de visibilité et de stabilité pour investir dans ces technologies coûteuses », souligne un industriel interrogé par TSA.
Henkel Algérie, quant à elle, prévoit d’étendre ses initiatives à d’autres régions du pays, notamment à Constantine et Annaba, où elle dispose d’unités de production. L’entreprise envisage aussi de lancer un programme de certification « Made in Algeria durable » pour valoriser les produits respectueux de l’environnement.
En attendant, les discussions menées par Henkel Algérie ont le mérite de placer la durabilité au cœur des priorités économiques du pays. Reste à transformer ces intentions en actions concrètes, pour que le « Made in Algeria » devienne synonyme d’innovation et de respect de l’environnement.