Fermeture d’églises en Algérie, la communauté chrétienne visée

Depuis plusieurs mois, les autorités algériennes multiplient les mesures restrictives à l’encontre des lieux de culte chrétiens, selon Tribune Chrétienne. Le 15 janvier 2025, le média spécialisé rapporte une série de fermetures d’églises sous scellés, principalement dans les wilayas de Tizi Ouzou, Béjaïa et Oran. Ces actions, menées au nom de la conformité aux lois en vigueur, soulèvent des questions sur la liberté religieuse et le traitement des minorités en Algérie.

Des églises fermées pour "non-conformité"

Le pasteur Youssef Ourahmane, responsable de l’Église protestante d’Algérie (EPA), a déclaré à Tribune Chrétienne que ces fermetures s’inscrivent dans une « campagne systématique » contre les chrétiens. « Nous respectons les lois du pays, mais les autorités refusent de nous accorder des autorisations depuis des années », a-t-il affirmé. L’EPA, principale organisation protestante en Algérie, compte environ 45 églises à travers le pays, dont plusieurs sont menacées de fermeture.

Une communauté sous pression

Le cas de l’église de Tizi Ouzou est emblématique. Fermée en novembre 2024, elle accueillait une centaine de fidèles chaque dimanche. « Nous avons tenté à plusieurs reprises de régulariser notre situation, mais les autorités locales nous ont toujours opposé un refus sans explication », a déclaré un membre de la communauté à Tribune Chrétienne. Les fidèles se retrouvent désormais contraints de se réunir dans des maisons privées, au risque d’être verbalisés.

Un cadre juridique controversé

Les autorités algériennes, quant à elles, défendent leur position en invoquant la nécessité de « préserver l’ordre public et la cohésion nationale ». Le ministère des Affaires religieuses n’a pas répondu aux demandes de commentaires de Tribune Chrétienne, mais dans une déclaration antérieure, il avait souligné que « toute activité religieuse doit se conformer aux lois en vigueur ».

Réactions internationales et enjeux locaux

Sur le plan local, ces mesures risquent d’aggraver les tensions sociales. Les chrétiens algériens, majoritairement d’origine kabyle, sont souvent perçus comme une minorité ethnique et religieuse. Leur marginalisation pourrait alimenter un sentiment d’exclusion, notamment dans des régions déjà marquées par des revendications identitaires, comme la Kabylie.

Un équilibre fragile

Pour l’Église protestante d’Algérie, la priorité est désormais de trouver un dialogue avec les autorités. « Nous ne demandons pas de traitement de faveur, mais simplement le droit de pratiquer notre foi en toute légalité », a déclaré le pasteur Ourahmane. Reste à savoir si les autorités algériennes seront prêtes à assouplir leur position dans un contexte politique et social déjà tendu.

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