Découverte d’hélium à Guercif relance l’exploration algérienne

La récente identification de réserves potentielles d’hélium dans la région de Guercif, au Maroc, suscite des interrogations sur les opportunités similaires en Algérie, où l’exploration des ressources non conventionnelles reste un axe stratégique. Selon Medias24, cette découverte pourrait redessiner les priorités des pays producteurs d’hydrocarbures, notamment ceux du Maghreb, en quête de diversification énergétique et industrielle.

Un gaz rare aux applications critiques

Les réserves mondiales sont concentrées aux États-Unis, au Qatar et en Algérie, où Sonatrach a déjà identifié des poches d’hélium associées au gaz naturel dans le Sud. Cependant, l’exploitation commerciale reste limitée, faute de technologies adaptées et de rentabilité immédiate. La découverte marocaine à Guercif, bien que modeste en volume, rappelle que le Maghreb pourrait abriter des gisements inexploités, notamment dans les bassins sédimentaires partagés entre les deux pays.

L’Algérie face à un choix technologique

Le défi algérien réside dans l’adaptation de ses installations. L’extraction d’hélium nécessite des procédés cryogéniques coûteux et une purification poussée, car le gaz est souvent dilué dans le méthane. Selon des experts cités par Medias24, une modernisation des usines existantes pourrait multiplier par cinq la production actuelle, à condition d’investir dans des technologies de séparation avancées. Ces projets, bien que lourds en capital, bénéficieraient d’un contexte favorable : la demande mondiale en hélium croît de 3 à 5 % par an, portée par les secteurs médical et technologique.

Enjeux géopolitiques et économiques

Cependant, la concurrence régionale s’intensifie. Le Qatar, via QatarEnergy, a lancé en 2023 un projet d’usine d’hélium d’une capacité de 20 millions de mètres cubes par an, visant à capter une part du marché asiatique. Pour l’Algérie, l’enjeu est double : sécuriser des débouchés à long terme et éviter une dépendance aux importations, alors que ses besoins internes augmentent. Les hôpitaux algériens, par exemple, dépendent à 90 % de l’hélium importé pour leurs équipements médicaux, une vulnérabilité que Sonatrach pourrait atténuer en relançant l’exploration.

Une exploration à relancer

La relance de l’exploration nécessiterait des partenariats avec des acteurs spécialisés, comme Air Liquide ou Linde, qui maîtrisent les technologies de séparation. Medias24 souligne que des discussions auraient déjà eu lieu entre Sonatrach et des entreprises européennes, sans qu’aucun accord ne soit finalisé. Le cadre réglementaire algérien, qui impose des contrats de partage de production avec l’État, pourrait freiner les investissements étrangers, malgré les incitations fiscales récentes.

Vers une filière intégrée ?

Un exemple concret est le projet de complexe pétrochimique à Arzew, où Sonatrach prévoit d’intégrer des modules de séparation d’hélium. Si ce projet aboutit, il pourrait positionner l’Algérie comme un fournisseur fiable pour l’Europe, où la demande en hélium médical a bondi depuis la pandémie. Reste à surmonter les obstacles logistiques : le transport de l’hélium, souvent liquéfié à -269°C, nécessite des infrastructures spécifiques, encore rares en Afrique du Nord.

Un potentiel sous-exploité

Les prochains mois seront décisifs. Si Sonatrach et les autorités algériennes accélèrent les investissements, l’hélium pourrait devenir un pilier de la transition énergétique du pays. À défaut, l’Algérie risque de rester un acteur marginal sur un marché en pleine expansion.

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