Le ministre des Ressources en eau, Taha Derbal, a annoncé récemment la mise en service prochaine de cinq nouveaux barrages en Algérie. Cette annonce, relayée par L’Algérie Aujourd’hui, s’inscrit dans une stratégie nationale visant à renforcer la sécurité hydrique du pays, confronté à des pénuries récurrentes et à une demande croissante en eau potable et agricole.
Des infrastructures pour répondre à la crise hydrique
L’Algérie, classée parmi les pays les plus touchés par le stress hydrique en Afrique du Nord, dépend encore largement de ses nappes phréatiques et de ses barrages existants. Les épisodes de sécheresse des dernières années ont mis en lumière les limites du système actuel, poussant les autorités à accélérer les investissements dans les infrastructures. Le barrage de Beni Haroun, l’un des plus grands du pays, illustre cette dépendance : il alimente plusieurs wilayas de l’Est, mais son niveau d’eau reste soumis aux aléas climatiques.
Un enjeu économique et social
Le gouvernement algérien mise aussi sur des partenariats avec des acteurs internationaux pour améliorer la gestion de l’eau. BIO-UV Group, une entreprise française spécialisée dans le traitement de l’eau, est citée par Classe Export comme un partenaire potentiel pour moderniser les stations d’épuration et réduire les pertes dans les réseaux. Ces collaborations s’inscrivent dans une logique de diversification des solutions, au-delà des grands projets d’infrastructure.
Des défis persistants
Un autre défi est la protection des zones humides, comme le lac Fetzara, menacé par l’urbanisation et la pollution. OpenEdition Journals avait alerté dès 2017 sur la fragilité de cet écosystème, essentiel pour la biodiversité et la régulation des crues. La mise en service de nouveaux barrages devra donc s’accompagner de mesures de préservation des milieux naturels, sous peine d’aggraver les déséquilibres écologiques.
Vers une stratégie intégrée
Les cinq nouveaux barrages s’ajoutent à d’autres projets en cours, comme la connexion des barrages de l’Est au réseau national ou la réhabilitation des anciens ouvrages. Ces efforts s’inscrivent dans une vision à long terme, où l’eau devient un levier de développement économique et social. Reste à savoir si les délais annoncés seront respectés et si les financements nécessaires seront mobilisés, dans un contexte budgétaire contraint par la baisse des revenus pétroliers.
Pour les Algériens, ces infrastructures représentent un espoir de voir s’atténuer les coupures d’eau et les restrictions qui touchent régulièrement plusieurs wilayas. Mais leur succès dépendra aussi de la capacité des autorités à impliquer les citoyens dans une gestion plus responsable de cette ressource vitale.