La crise migratoire à Ceuta, où des dizaines de milliers de manifestants espagnols réclament l’expulsion massive de migrants, relance une tension géopolitique qui pèse directement sur les entrepreneurs algériens et tunisiens. Depuis 2025, les relations entre Alger et Tunis oscillent entre partenariats économiques et tensions sécuritaires, fragilisant les chaînes d’approvisionnement et les investissements frontaliers. Pour les créateurs d’entreprise, cette actualité révèle un risque souvent sous-estimé : les crises migratoires peuvent paralyser des secteurs entiers en quelques semaines.
SONATRACH et les gazoducs : un enjeu de 2 milliards de dollars par an
En 2025, une crise similaire avait provoqué une baisse de 15 % des livraisons de gaz pendant trois semaines, forçant les industriels tunisiens à recourir à des groupes électrogènes coûteux. Pour un entrepreneur algérien exportant des équipements vers Tunis, cela signifie des retards de paiement, des pénalités de retard et une réputation fragilisée. Pire : si les tensions s’étendent à la frontière algéro-tunisienne, les douanes pourraient durcir les contrôles sur les marchandises, comme ce fut le cas en 2024 avec les camions de ciment.
La diaspora algérienne en Espagne : un levier économique sous pression
Un exemple concret : en 2023, une vague d’expulsions ciblées avait fait chuter les transferts d’argent de 8 % sur trois mois dans certaines wilayas frontalières comme Tlemcen et Oran. Pour un entrepreneur algérien dépendant des fonds de sa famille en Espagne, cela signifie moins de liquidités pour financer ses projets. Certains créateurs d’entreprise tunisiens, comme ceux du secteur textile, subissent déjà les conséquences : leurs fournisseurs algériens, souvent des PME familiales, peinent à honorer leurs commandes faute de trésorerie.
Les startups et les plateformes digitales : des cibles indirectes
Pour un entrepreneur algérien lançant une marketplace ou une fintech, cela signifie un marché moins liquide et une méfiance accrue des investisseurs. Les banques, comme la BNA ou l’Attijariwafa Bank, durcissent aussi leurs conditions pour les prêts aux entreprises opérant dans les secteurs sensibles (logistique, énergie, télécoms). Résultat : les coûts de financement augmentent, et les projets innovants – comme les solutions SaaS pour les PME maghrébines – se heurtent à des obstacles supplémentaires.
La Tunisie, porte d’entrée vers l’Europe : un risque pour les exportateurs algériens
Un entrepreneur algérien du secteur agroalimentaire, exportant des dattes et des conserves vers l’Europe via Tunis, explique : « Avant, un camion mettait 48 heures pour traverser. Maintenant, avec les contrôles renforcés, ça prend 7 jours. Les produits périssables arrivent en retard, et les clients européens se tournent vers d’autres fournisseurs. » Résultat : des pertes estimées à 5 % du chiffre d’affaires annuel pour les PME algériennes dépendantes de cette route.
Que faire ? Trois leviers pour limiter les risques
2. Anticiper les retards de paiement : Les banques algériennes comme la BNA proposent désormais des assurances-crédit pour les exportateurs vers la Tunisie. Une solution coûteuse (5 à 10 % du montant), mais utile en cas de crise prolongée.
3. Renforcer les liens avec la diaspora hors d’Espagne : Certains entrepreneurs algériens misent sur les communautés installées en France, en Italie ou au Canada, où les transferts d’argent restent stables. Des plateformes comme WESTERN UNION ou ORANGE MONEY facilitent ces virements, mais avec des frais plus élevés.
À retenir pour les entrepreneurs
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