Algérie-Tunisie renforcent leur coopération militaire

Cette semaine, Alger et Tunis ont franchi une nouvelle étape dans leur partenariat stratégique avec la signature d’un accord visant à renforcer leur coopération militaire. L’annonce, relayée par La Presse de Tunisie, intervient dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires communs, notamment la lutte contre le terrorisme et la gestion des flux migratoires irréguliers.

L’accord, signé par les ministres de la Défense des deux pays, prévoit une intensification des exercices conjoints, des échanges d’expertise et une coordination accrue en matière de renseignement. Selon des sources proches des négociations, ce texte s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors de la visite du président tunisien Kaïs Saïed en Algérie en 2023, où les deux parties avaient réaffirmé leur volonté de consolider leur alliance face aux menaces transfrontalières.

Une réponse aux enjeux régionaux

La Tunisie, de son côté, fait face à une pression migratoire croissante, avec des milliers de Subsahariens bloqués à ses frontières ou expulsés vers le désert. Les deux pays collaborent déjà sur ce dossier, comme en témoignent les opérations conjointes menées en 2023 pour secourir des migrants abandonnés près de la frontière algéro-tunisienne. L’accord militaire pourrait faciliter une meilleure coordination dans ce domaine, notamment en matière de partage de données et de moyens logistiques.

Des échanges économiques en toile de fond

Le secteur privé n’est pas en reste. Plusieurs entreprises algériennes, comme le groupe CEVITAL, ont investi dans des projets tunisiens, notamment dans l’agroalimentaire et les énergies renouvelables. Lors d’une rencontre récente à Alger, le ministre tunisien du Commerce, Kalthoum Ben Rejeb, a souligné l’importance de ces partenariats pour réduire le déficit commercial de son pays, tout en appelant à une diversification des échanges.

Une dynamique diplomatique soutenue

Les observateurs notent que cette coopération militaire pourrait servir de modèle pour d’autres pays de la région, notamment le Maroc, avec lequel les relations restent froides. D’après TSA, Alger et Tunis envisagent également de renforcer leur coordination au sein de l’Union africaine et de la Ligue arabe, où leurs positions convergent souvent sur des dossiers comme la crise libyenne ou le conflit au Sahara occidental.

Défis et limites

Par ailleurs, la question migratoire reste un sujet sensible. Si les deux pays collaborent sur le terrain, leurs approches divergent parfois. L’Algérie, sous pression de l’Union européenne, a intensifié les expulsions de migrants vers le Niger, comme l’a révélé TV5Monde en janvier 2025. La Tunisie, elle, est critiquée pour ses pratiques d’abandon de migrants dans le désert, une situation qui a coûté la vie à plusieurs personnes en 2023, selon Le360 Afrique.

Un signal fort pour la stabilité du Maghreb

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la mise en œuvre concrète de cet accord. Des manœuvres militaires conjointes sont d’ores et déjà prévues pour 2026, tandis que des discussions sont en cours pour élargir la coopération aux domaines de la cybersécurité et de la lutte contre la criminalité organisée. Si ces initiatives aboutissent, elles pourraient redessiner la carte géopolitique de la région, offrant une alternative aux alliances traditionnelles avec les puissances occidentales.

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