La station de dessalement d’eau de mer Cap Djinet 2, située dans la wilaya de Boumerdès, entrera en service à la fin du mois de février 2025, selon horizons.dz. Ce projet, porté par l’Algérienne des Eaux (ADE) et le groupe Sonatrach, marque une étape supplémentaire dans la stratégie nationale de sécurisation des ressources hydriques, un enjeu critique pour l’Algérie face à la raréfaction des précipitations et à la pression démographique.
Une capacité accrue pour répondre aux besoins locaux
Le choix de Cap Djinet comme site d’extension n’est pas anodin. La région concentre une forte activité industrielle, notamment dans les zones pétrochimiques de la côte, et une urbanisation croissante qui exerce une pression constante sur les ressources. La station existante, d’une capacité de 120 000 m³/jour, avait déjà permis de réduire les pénuries récurrentes dans la capitale et ses environs, mais les épisodes de sécheresse des dernières années ont révélé les limites du système.
Un investissement stratégique pour la sécurité hydrique
Le coût de Cap Djinet 2 n’a pas été officiellement communiqué, mais les estimations des experts tablent sur un investissement de l’ordre de 300 à 400 millions de dollars. Le financement est assuré par un partenariat public-privé, avec une participation majoritaire de Sonatrach, qui apporte son expertise dans la gestion des infrastructures énergétiques. Cette collaboration reflète une volonté de mutualiser les compétences entre les secteurs de l’eau et de l’énergie, deux piliers de la souveraineté nationale.
Des défis techniques et environnementaux
Autre enjeu : la gestion des saumures, ces résidus salins rejetés en mer après le processus de dessalement. Les études d’impact environnemental menées avant la construction de la station ont conclu à un risque limité pour la faune et la flore marines, mais les associations écologistes appellent à un suivi rigoureux. Le ministère de l’Environnement a annoncé la mise en place d’un observatoire dédié pour surveiller les effets à long terme.
Sensibilisation des consommateurs, un volet négligé ?
Les spécialistes soulignent que la sensibilisation doit être ciblée et adaptée aux réalités locales. Par exemple, dans les zones rurales, où l’accès à l’eau potable reste un défi quotidien, les messages doivent insister sur les techniques de conservation et de réutilisation. À l’inverse, dans les grandes villes, où le gaspillage est plus visible (fuites, arrosage excessif, utilisation abusive pour le lavage des voitures), des mesures incitatives, comme des tarifs progressifs, pourraient être plus efficaces.
Un modèle à dupliquer ?
Pourtant, l’Algérie dispose d’atouts majeurs : un littoral étendu, une expertise technique croissante et des partenariats internationaux, comme celui avec la Chine pour la construction de stations. Reste à savoir si ces projets pourront être menés à bien sans reproduire les erreurs du passé, comme les surcoûts ou les problèmes de maintenance qui ont affecté certaines infrastructures.
La mise en service de Cap Djinet 2 fin février 2025 sera un test pour la crédibilité des engagements gouvernementaux. Si elle fonctionne comme prévu, elle pourrait redonner confiance dans la capacité du pays à relever le défi de l’eau. Dans le cas contraire, les critiques sur la gestion des ressources risquent de s’amplifier, dans un contexte où la population attend des solutions concrètes et durables.