Bourse d’Alger dépasse 744 milliards DA en 2025

La Bourse d’Alger a franchi un cap symbolique cette année. Selon les données publiées récemment par El Watan, sa capitalisation boursière s’élève à 744,45 milliards de dinars algériens (DA) en 2025. Ce chiffre marque une progression notable pour le marché financier algérien, encore en phase de développement comparé à ses homologues régionaux.

Une croissance portée par les entreprises publiques

D’après El Watan, les transactions quotidiennes restent modestes, avec un volume moyen oscillant entre 10 et 20 millions de DA. Cependant, la présence accrue d’acteurs institutionnels, comme les compagnies d’assurance et les fonds de pension, commence à stabiliser le marché. La Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (CNAS) et la Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA) figurent parmi les principaux acheteurs d’actions.

Des défis persistants

Un autre obstacle réside dans la faible liquidité du marché. Les investisseurs étrangers, notamment ceux du Golfe ou d’Europe, restent prudents en raison des restrictions sur les changes et de l’absence de produits financiers sophistiqués, comme les contrats à terme ou les options. La Banque d’Algérie, citée par L’Algérie Aujourd’hui, travaille sur un cadre réglementaire pour faciliter les investissements étrangers, mais les résultats se font attendre.

Les secteurs les plus actifs

Le secteur des matériaux de construction connaît aussi un regain d’intérêt. L’entreprise publique de cimenterie (GICA) a vu son cours progresser de 15 % depuis son introduction en 2024, portée par la demande soutenue dans le logement et les infrastructures. En revanche, les valeurs technologiques et les start-up brillent par leur absence, faute d’un écosystème favorable.

Les attentes des investisseurs

Par ailleurs, la question de la transparence demeure cruciale. Les entreprises cotées sont tenues de publier leurs résultats trimestriels, mais certains retards dans la communication des données financières persistent. La COSOB a récemment sanctionné deux sociétés pour non-respect des délais, un signal fort pour améliorer la confiance des marchés.

Vers une intégration régionale ?

En parallèle, la Bourse d’Alger envisage de lancer un marché obligataire dédié aux collectivités locales. Cette initiative, si elle aboutit, permettrait aux wilayas et aux communes de financer leurs projets sans recourir systématiquement à l’endettement bancaire. Le ministre des Finances a évoqué cette piste lors d’une réunion avec les gouverneurs en septembre 2025, mais aucun calendrier n’a été fixé.

Un marché encore jeune

Le projet de loi de finances 2025, cité par La Patrie News, prévoit des incitations fiscales pour les entreprises qui s’introduisent en Bourse. Une réduction de l’impôt sur les sociétés de 25 % à 15 % est notamment envisagée pour les sociétés cotées depuis plus de trois ans. Une mesure qui pourrait accélérer les introductions, à condition que les conditions d’accès soient simplifiées.

Les prochaines étapes

Enfin, la Bourse d’Alger compte renforcer sa coopération avec les universités et les écoles de commerce pour former une nouvelle génération d’analystes financiers. Des partenariats avec l’École nationale supérieure de management (ENSM) et l’Institut national des études de stratégie globale (INESG) sont en discussion.

La progression de la capitalisation boursière en 2025 confirme que le marché algérien avance, mais à un rythme encore modeste. Les défis sont nombreux, mais les opportunités le sont tout autant pour un pays qui cherche à diversifier son économie au-delà des hydrocarbures.

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