BASF exportait un pesticide interdit vers l’Algérie

Selon Mediapart, une enquête récente révèle que le groupe chimique allemand BASF a continué à produire et à exporter un pesticide interdit dans l’Union européenne depuis fin 2020. Ce produit, le fipronil, aurait été expédié vers plusieurs pays, dont l’Algérie, malgré les restrictions légales en vigueur. Cette découverte soulève des questions sur les contrôles sanitaires et environnementaux dans les échanges commerciaux entre l’Europe et l’Afrique du Nord.

Un pesticide sous le feu des critiques

Les autorités algériennes n’ont pas encore réagi officiellement à ces révélations. Cependant, cette situation rappelle les lacunes dans la réglementation des importations de produits chimiques. En 2022, l’Algérie avait déjà été pointée du doigt pour l’utilisation de pesticides interdits en Europe, notamment dans l’agriculture intensive.

Des risques sanitaires et environnementaux

Plusieurs études menées en Algérie ont déjà alerté sur la présence de résidus de pesticides dans les fruits et légumes locaux. En 2023, une enquête de l’Institut national de la protection des végétaux (INPV) avait révélé des taux de contamination dépassant les limites autorisées dans des échantillons de tomates et de poivrons. Ces résultats avaient conduit à un durcissement temporaire des contrôles, mais sans réelle traçabilité des produits importés.

Un vide juridique exploité par les multinationales

Cette situation profite aux géants de l’agrochimie, qui continuent à écouler des stocks de produits interdits dans l’UE. En 2021, une enquête similaire avait révélé que la France exportait des pesticides interdits vers le Maroc et la Tunisie, malgré les engagements pris par Paris en faveur d’une agriculture durable.

Quelles solutions pour l’Algérie ?

Les autorités pourraient également s’inspirer de l’exemple marocain, qui a instauré en 2023 un moratoire sur l’importation de certains pesticides controversés. Une telle mesure, couplée à un soutien accru à l’agriculture biologique, pourrait réduire la dépendance aux produits chimiques nocifs.

Un enjeu de souveraineté alimentaire

Pour éviter une telle dépendance, l’Algérie pourrait accélérer son plan de développement agricole, qui prévoit une réduction de 30 % des pesticides chimiques d’ici 2030. Cependant, sans moyens financiers et techniques suffisants, cet objectif risque de rester lettre morte.

Cette affaire rappelle l’urgence d’une coopération internationale plus transparente, où les pays exportateurs assument leurs responsabilités. Pour l’Algérie, la priorité est désormais de protéger ses citoyens et son environnement, tout en garantissant la pérennité de son agriculture.

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