Cette semaine, une convention signée entre l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (ANADE) et l’Office national de l’assainissement (ONA) marque un tournant pour les entrepreneurs algériens engagés dans la transition énergétique. Selon Horizons, le document officialise une collaboration visant à valoriser les boues de stations d’épuration comme source d’énergie renouvelable. Un marché encore inexploité en Algérie, mais qui représente un potentiel économique et écologique considérable.
Des boues transformées en opportunité
Pour les entrepreneurs, cette initiative ouvre trois pistes concrètes :
1. Production de biogaz : Les stations d’épuration pourraient devenir des centrales énergétiques locales. Des entreprises comme Eurl BioEnergy Algérie ou Sarl GreenWatt ont déjà expérimenté des unités de méthanisation en partenariat avec des wilayas pilotes (Alger, Oran, Constantine).
2. Fabrication de compost : Les boues traitées, riches en nutriments, peuvent être transformées en engrais organique. Un marché en croissance, notamment pour l’agriculture biologique, avec une demande estimée à 500 000 tonnes par an par le ministère de l’Agriculture.
3. Recyclage des eaux usées : L’ONA prévoit d’investir 1,8 milliard de dollars d’ici 2027 pour moderniser ses infrastructures. Les start-up spécialisées dans le traitement de l’eau (comme Aquatech Algérie) pourraient bénéficier de contrats de sous-traitance.
Un cadre réglementaire en construction
Pour lever ces freins, l’ANADE annonce la création d’un « guichet unique » destiné aux porteurs de projets dans les énergies renouvelables. Ce dispositif, prévu pour fin 2024, permettra de simplifier les démarches pour l’obtention de subventions ou de prêts à taux zéro, via la Banque algérienne de développement (BAD). « Nous ciblons en priorité les PME et les coopératives locales », précise un responsable de l’ANADE interrogé par APS.
La diaspora algérienne, acteur clé
Autre atout : les mécanismes de financement internationaux. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a récemment alloué 10 millions de dollars à l’Algérie pour des projets d’économie circulaire, dont la valorisation des déchets organiques. Une opportunité pour les entrepreneurs de la diaspora, qui peuvent mobiliser des fonds étrangers tout en bénéficiant des incitations locales.
Risques et défis techniques
Par ailleurs, la rentabilité des projets dépendra de la capacité à écouler les produits finis. Le biogaz, par exemple, doit être injecté dans le réseau de Sonelgaz pour être compétitif. Or, le tarif d’achat garanti (0,06 dollar/kWh) reste inférieur à celui des pays voisins comme le Maroc (0,12 dollar/kWh). « Sans une révision des tarifs, les investisseurs privés hésiteront à s’engager », avertit un consultant en énergies renouvelables.
Un écosystème en émergence
Autre signal positif : l’Allemagne, via son agence de coopération GIZ, a annoncé un partenariat avec l’ANADE pour former 500 techniciens algériens aux technologies de biogaz d’ici 2025. « C’est une chance pour les jeunes entrepreneurs. La formation sera gratuite et ciblera en priorité les diplômés en génie chimique ou environnemental », indique un communiqué de l’ambassade d’Allemagne à Alger.
À retenir pour les entrepreneurs
La convention ANADE-ONA ouvre un marché de 1,2 million de tonnes de boues par an, avec des débouchés dans le biogaz, le compost et le traitement de l’eau. Les entrepreneurs locaux et de la diaspora peuvent bénéficier de subventions via la BAD et de financements internationaux (PNUD). Cependant, la rentabilité dépendra des tarifs d’achat de l’énergie et de la maîtrise des coûts technologiques. Les wilayas pilotes (Alger, Oran, Constantine) offrent les premières opportunités concrètes.
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