Le ministre algérien des Transports, Youcef Rezig, a mis en lumière depuis Genève la position stratégique de l’Algérie dans les chaînes d’approvisionnement liant l’Europe et l’Afrique. Lors d’une intervention publique, il a souligné le rôle central des infrastructures portuaires et logistiques algériennes dans la redistribution des flux commerciaux entre les deux continents.
Rezig a évoqué les atouts géographiques et économiques du pays, rappelant que les ports algériens, notamment ceux de Djen Djen, Oran et Alger, représentent des hubs naturels pour le transit des marchandises. Selon aps.dz, il a précisé que ces infrastructures permettent de réduire les coûts et les délais de livraison entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne, un avantage concurrentiel pour les opérateurs économiques des deux rives de la Méditerranée.
L’Algérie mise ainsi sur sa position géographique pour se positionner comme un acteur incontournable du commerce transcontinental. Les ports algériens, déjà bien équipés, bénéficient de projets d’extension et de modernisation pour renforcer leur capacité à gérer des volumes croissants. Rezig a cité des exemples concrets, comme le port de Djen Djen, dont l’extension récente a permis d’augmenter significativement sa capacité de stockage et de traitement des conteneurs.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et à sécuriser ses chaînes logistiques, notamment après les perturbations causées par la pandémie et les tensions géopolitiques. Pour l’Afrique, l’Algérie offre une porte d’entrée vers les marchés européens, avec des coûts logistiques réduits par rapport aux routes maritimes traditionnelles via le canal de Suez ou les détroits ibériques.
Les entrepreneurs algériens et européens pourraient tirer parti de cette situation. Les premiers en développant des services de transit et de logistique, les seconds en utilisant les infrastructures algériennes pour optimiser leurs flux commerciaux vers l’Afrique. Rezig a également souligné l’importance de la coopération régionale pour renforcer cette position, mentionnant des discussions en cours avec les pays voisins pour harmoniser les pratiques douanières et portuaires.
Les chiffres disponibles confirment l’intérêt croissant pour ces routes. Selon aps.dz, le trafic de conteneurs dans les ports algériens a augmenté de 12% au cours de l’année écoulée, un signe de l’attractivité du pays comme plateforme logistique. Cette hausse reflète aussi l’augmentation des échanges entre l’Europe et l’Afrique, qui a progressé de 8% en volume depuis 2023.
Pour les créateurs d’entreprise, cette évolution ouvre des opportunités dans plusieurs secteurs. La logistique et le transport maritime restent les plus évidents, avec un besoin croissant en entrepôts, services de douane et solutions de dernière mile. Les entrepreneurs spécialisés dans le e-commerce pourraient également profiter de ces infrastructures pour développer des solutions de livraison rapide vers l’Europe et l’Afrique.
La diaspora algérienne, souvent impliquée dans le commerce transnational, pourrait jouer un rôle clé dans ce schéma. Les échanges entre la France, l’Espagne ou l’Italie et l’Afrique via l’Algérie sont déjà une réalité, mais ils pourraient se structurer davantage avec des plateformes logistiques algériennes plus performantes. Des initiatives comme les zones économiques spéciales mises en place par le gouvernement visent à attirer ces investissements et à créer des emplois locaux.
Rezig a aussi évoqué la nécessité de renforcer les connexions ferroviaires entre les ports algériens et les hinterlands africains, une piste pour les entrepreneurs du secteur des transports. Les projets de corridors multimodaux, combinant rail, route et mer, pourraient réduire encore les coûts et les délais, offrant de nouvelles niches pour les startups et PME algériennes.
À retenir pour les entrepreneurs :
Les ports algériens offrent désormais une capacité de traitement de 5 millions de conteneurs par an, avec des projets d’extension visant 7 millions d’ici 2027. Les zones économiques spéciales d’Oran et de Djen Djen proposent des exonérations fiscales pour les entreprises logistiques. Les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Afrique subsaharienne ont progressé de 15% depuis 2022, selon les dernières statistiques disponibles.
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