Ait Messaoudene accueille le représentant de l’OMS en Algérie

Le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a délégué récemment le secrétaire général du ministère, Kamel Ait Messaoudene, pour recevoir le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Algérie, Dr Nouhou Boubacar. Cette rencontre, rapportée par aps.dz, s’inscrit dans le cadre des échanges réguliers entre les autorités sanitaires algériennes et les partenaires internationaux, avec un accent particulier sur les priorités de santé publique du pays.

Une coopération renforcée sur les défis sanitaires
Selon aps.dz, les discussions ont porté sur plusieurs axes stratégiques, notamment la préparation aux urgences sanitaires, la lutte contre les maladies non transmissibles et l’amélioration de la couverture vaccinale. Le représentant de l’OMS a salué les efforts de l’Algérie dans la gestion de la pandémie de Covid-19, soulignant la résilience du système de santé national. Dr Boubacar a également évoqué l’importance de renforcer les capacités locales en matière de surveillance épidémiologique, un enjeu clé pour anticiper les risques de nouvelles crises sanitaires.

L’Algérie, qui a connu une hausse des cas de diabète et d’hypertension ces dernières années, fait face à une transition épidémiologique marquée par la progression des maladies chroniques. La rencontre a permis d’aborder les moyens de consolider les programmes de prévention, notamment à travers des campagnes de sensibilisation ciblant les populations à risque. Le secrétaire général du ministère de la Santé a insisté sur la nécessité d’une approche intégrée, combinant dépistage précoce et accès aux traitements, en particulier dans les zones rurales où les infrastructures sanitaires restent inégalement réparties.

Renforcement des infrastructures et formation du personnel
Un autre volet des échanges a concerné l’appui technique de l’OMS pour moderniser les structures hospitalières et former le personnel soignant. L’Algérie, qui dispose d’un réseau de 1 600 établissements de santé publics, cherche à améliorer la qualité des soins, notamment dans les spécialités comme la cardiologie et l’oncologie. Dr Boubacar a rappelé que l’OMS accompagne déjà plusieurs projets en Algérie, dont le développement de centres de référence pour les maladies rares et la mise en place de systèmes d’information sanitaire plus performants.

La question de la couverture vaccinale a également été au cœur des discussions. Bien que l’Algérie affiche des taux de vaccination élevés pour les maladies infantiles, des disparités persistent entre les wilayas. Le représentant de l’OMS a proposé un soutien pour évaluer les obstacles logistiques et sociaux qui freinent l’accès aux vaccins, notamment dans les zones enclavées. Cette collaboration pourrait s’étendre à la formation des agents de santé communautaire, chargés de sensibiliser les populations aux bénéfices de la vaccination.

Enjeux régionaux et coopération Sud-Sud
La rencontre a aussi permis d’évoquer la coopération régionale, dans un contexte où l’Algérie joue un rôle croissant dans la stabilisation sanitaire du continent. Le pays a récemment partagé son expertise en matière de gestion des épidémies avec plusieurs pays africains, notamment lors de la crise d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Dr Boubacar a souligné l’importance de ces échanges Sud-Sud, qui permettent de mutualiser les ressources et les bonnes pratiques.

Pour l’Algérie, cette coopération s’inscrit dans une stratégie plus large visant à positionner le pays comme un acteur clé de la santé publique en Afrique. Le ministère de la Santé travaille actuellement à la création d’un centre d’excellence pour la formation des professionnels de santé africains, en partenariat avec l’OMS et l’Union africaine. Ce projet, qui devrait être lancé d’ici la fin de l’année, vise à renforcer les capacités des systèmes de santé du continent, en s’appuyant sur l’expérience algérienne en matière de gestion des crises sanitaires.

Un partenariat ancré dans la durée
Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à poursuivre cette collaboration, avec des objectifs concrets à court et moyen terme. Parmi les priorités figurent l’élaboration d’un plan national de préparation aux pandémies, la digitalisation des dossiers médicaux et l’amélioration de l’accès aux médicaments essentiels. Le représentant de l’OMS a également annoncé la tenue prochaine d’un atelier technique à Alger, réunissant des experts algériens et internationaux pour évaluer les progrès réalisés et identifier les pistes d’amélioration.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des partenariats internationaux de l’Algérie, alors que le pays cherche à consolider son système de santé dans un contexte marqué par des défis démographiques et épidémiologiques. Avec une population de près de 45 millions d’habitants, dont une part croissante de personnes âgées, les enjeux de santé publique nécessitent des investissements constants et une coordination accrue entre les différents acteurs.

Pour Kamel Ait Messaoudene, cette coopération avec l’OMS est essentielle pour anticiper les défis futurs et garantir un accès équitable aux soins pour tous les Algériens. Les prochains mois devraient voir la concrétisation de plusieurs projets, notamment en matière de prévention et de formation, avec l’objectif de faire de l’Algérie un modèle en matière de santé publique en Afrique du Nord.

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