AADL 3 démarre ses chantiers 100% algériens

Le programme AADL 3 a officiellement lancé ses premiers chantiers entièrement conçus et réalisés par des entreprises algériennes. Le coup d’envoi a été donné récemment en présence des responsables du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, ainsi que des représentants des entreprises nationales impliquées dans ce projet. Selon Algerie360, ce nouveau palier du programme AADL (Agence nationale de l’amélioration et du développement du logement) marque une étape importante dans la stratégie gouvernementale visant à réduire la dépendance aux importations dans le secteur du bâtiment.

Les chantiers concernent plusieurs wilayas, dont Alger, Oran et Constantine, avec un objectif initial de 200 000 logements. Le ministre de l’Habitat, Mohamed Tarek Belaribi, a souligné que ce projet s’inscrit dans la continuité des efforts pour répondre à la demande croissante en logements tout en stimulant l’économie locale. « Nous misons sur une intégration totale de la chaîne de valeur, depuis la production des matériaux jusqu’à la livraison des logements », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de lancement.

Les entreprises algériennes sélectionnées pour ces chantiers, telles que Cosider, Sonatiba et l’Entreprise nationale des grands travaux (ENGTP), ont été choisies pour leur capacité à respecter les normes techniques et les délais imposés. Le recours exclusif à des acteurs locaux permet non seulement de créer des emplois, mais aussi de renforcer les compétences nationales dans le domaine de la construction. D’après les données du ministère, plus de 50 000 emplois directs et indirects devraient être générés par ce programme.

Des matériaux produits localement

Cette approche s’aligne sur la politique de substitution aux importations promue par le président Abdelmadjid Tebboune. En 2023, le gouvernement avait déjà imposé des restrictions sur l’importation de certains matériaux de construction, encourageant ainsi les producteurs locaux à monter en puissance. Les résultats sont visibles : selon les chiffres du ministère de l’Industrie, la production nationale de ciment a atteint 32 millions de tonnes en 2024, couvrant la quasi-totalité des besoins du marché.

Un calendrier serré

Cependant, certains observateurs soulignent les défis logistiques et financiers qui pourraient ralentir le rythme des constructions. « Les retards dans les paiements aux entreprises ou les pénuries ponctuelles de matériaux pourraient impacter le calendrier », note un expert du secteur immobilier, cité par El Watan. Pour y remédier, le gouvernement a mis en place un mécanisme de suivi mensuel des chantiers, avec des rapports transmis directement au Premier ministre, Nadir Larbaoui.

Une réponse à la crise du logement

Le gouvernement mise également sur la densification urbaine pour optimiser l’utilisation des terrains disponibles. À Alger, par exemple, des projets de tours résidentielles sont en cours dans les quartiers de Bab Ezzouar et Hussein Dey. Ces initiatives visent à réduire l’étalement urbain et à améliorer les infrastructures de transport, comme le métro et le tramway, qui desservent déjà plusieurs zones périphériques.

Un modèle à suivre ?

Pour les Algériens, l’enjeu est double : accéder à un logement décent tout en participant à la relance économique du pays. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la capacité des entreprises nationales à tenir leurs engagements. Si les délais sont respectés et la qualité au rendez-vous, l’AADL 3 pourrait marquer un tournant dans la politique du logement en Algérie.

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