Transition écologique ne reste plus aux initiés

Arnaud Leroy, président de l’Agence de la transition écologique (Ademe), a pointé récemment le décalage entre les discours sur la transition écologique en Algérie et les actions concrètes. Selon Le Monde.fr, il insiste sur la nécessité d’impliquer davantage les acteurs économiques et sociaux hors du cercle restreint des experts. Pour les entrepreneurs algériens et la diaspora, cette analyse révèle à la fois des opportunités et des défis inédits.

L’administrateur met en lumière un constat simple : les débats sur l’écologie en Algérie se limitent souvent à un petit groupe de spécialistes ou de décideurs. Pourtant, la transition énergétique ne peut réussir sans l’adhésion des entreprises, des artisans et des citoyens. En Algérie, où les ressources naturelles et les subventions énergétiques jouent un rôle clé dans l’économie, cette dynamique prend une dimension particulière. Les entrepreneurs locaux, notamment ceux dans les énergies renouvelables, les éco-activités ou l’agriculture durable, pourraient devenir des leviers essentiels si les politiques publiques s’ouvrent à eux.

Un exemple frappant réside dans le secteur des énergies propres. L’Algérie ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 30 % de son mix électrique d’ici 2030. Pourtant, malgré des appels d’offres réguliers, le nombre d’entreprises locales capables de répondre à ces projets reste limité. Les startups et PME actives dans le solaire ou l’éolien se heurtent souvent à des freins bureaucratiques ou à un manque de financement accessible. L’Ademe, à travers ses conseils sur la transition écologique, pourrait aider à structurer un écosystème plus inclusif. Mais pour y parvenir, il faut dépasser la logique des « initiés » et intégrer les réalités du terrain.

Pour la diaspora algérienne, cette situation représente une chance à saisir. Beaucoup de compétences et de capitaux circulent entre l’étranger et l’Algérie, notamment dans les secteurs porteurs comme les énergies vertes ou l’économie circulaire. Des initiatives comme les fonds d’investissement dédiés aux startups vertes montrent que des ponts existent. Cependant, le manque de visibilité sur les opportunités concrètes freine l’engagement. Les programmes de soutien à l’innovation, comme ceux portés par l’Agence nationale pour la valorisation des résultats de la recherche (ANVREDET), peinent à toucher les entrepreneurs expatriés.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En Algérie, moins de 5 % des entreprises intègrent des critères environnementaux dans leur modèle économique, d’après des estimations récentes. Pourtant, les besoins sont immenses : réhabilitation des zones industrielles polluantes, gestion des déchets, ou encore adaptation aux normes internationales. Les entrepreneurs qui sauront anticiper ces exigences en tirant parti des aides publiques et des partenariats internationaux auront un avantage compétitif. Les incitations fiscales pour les projets verts, bien que limitées, existent déjà. Encore faut-il que les porteurs de projets en soient informés et accompagnés.

Un autre point soulevé par Arnaud Leroy concerne la sensibilisation. Les campagnes de communication sur les enjeux écologiques en Algérie restent souvent théoriques, sans lien avec les réalités des TPE et PME. Pourtant, des gestes simples – comme l’optimisation énergétique dans une boulangerie ou le recyclage des déchets dans une entreprise agroalimentaire – peuvent générer des économies immédiates. Les chambres de commerce et les incubateurs ont un rôle à jouer pour démocratiser ces pratiques. En s’inspirant des modèles tunisiens ou marocains, où des centres de ressources dédiés aux éco-activités ont été créés, l’Algérie pourrait accélérer sa transition.

À retenir pour les entrepreneurs
En Algérie, l’écologie reste un marché émergent mais porteur, avec des aides publiques encore peu exploitées. Les entrepreneurs locaux et la diaspora peuvent s’appuyer sur des dispositifs comme les appels d’offres solaires ou les fonds verts pour développer des projets durables. Les incubateurs spécialisés dans l’éco-innovation offrent un accompagnement clé pour transformer ces opportunités en activités rentables.

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