Tunis réunit experts sur les énergies durables en Algérie

Une table ronde consacrée à l’investissement dans les énergies durables s’est tenue récemment à Tunis, selon Kapitalis. L’événement a rassemblé des acteurs clés du secteur énergétique, notamment des représentants algériens, pour échanger sur les opportunités et les défis liés à la transition énergétique en Afrique du Nord. Si l’Algérie n’était pas l’hôte de cette rencontre, sa participation souligne l’importance stratégique que le pays accorde à ce domaine.

Un cadre régional pour des enjeux nationaux

Le pays vise à produire 15 000 mégawatts (MW) d’électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2035, un objectif ambitieux qui nécessite des investissements massifs. La rencontre de Tunis a permis d’aborder les obstacles persistants, comme la lenteur des procédures administratives ou le manque de cadres réglementaires incitatifs pour les investisseurs privés. Ces défis ne sont pas propres à l’Algérie, mais leur résolution conditionne la réussite de sa transition énergétique.

L’Algérie face à ses propres contraintes

Les participants algériens ont également évoqué les projets en cours, comme la centrale solaire de 1 000 MW à Ouargla, ou les parcs éoliens prévus dans les Hauts Plateaux. Cependant, ces initiatives peinent à se concrétiser à grande échelle en raison de retards dans les appels d’offres et de difficultés à attirer des financements étrangers. La table ronde a permis de rappeler que l’Algérie doit améliorer son attractivité en clarifiant les règles du jeu pour les investisseurs, notamment en matière de tarifs d’achat de l’électricité verte et de garanties juridiques.

Des partenariats régionaux à renforcer

Cependant, les divergences réglementaires et les différences de maturité des marchés énergétiques entre les pays du Maghreb freinent ces ambitions. Par exemple, la Tunisie a déjà mis en place des mécanismes de subventions pour les énergies renouvelables, tandis que l’Algérie en est encore à tester des modèles pilotes. La table ronde a donc servi de plateforme pour identifier des pistes de convergence, comme l’harmonisation des normes techniques ou la création d’un fonds régional dédié aux énergies durables.

Un signal pour les investisseurs

Les discussions ont également porté sur les opportunités offertes par les nouvelles technologies, comme le stockage d’énergie ou les smart grids, qui pourraient accélérer la transition énergétique. Pour l’Algérie, l’enjeu est double : attirer des financements tout en formant une main-d’œuvre qualifiée capable de gérer ces infrastructures. La table ronde de Tunis a ainsi mis en lumière les attentes des acteurs économiques, qui réclament plus de visibilité sur les plans à moyen et long terme.

Des défis qui dépassent le cadre technique

Par ailleurs, la question de l’eau, ressource rare dans certaines régions, a été abordée. Les centrales solaires à concentration, par exemple, nécessitent d’importantes quantités d’eau pour leur refroidissement, ce qui pourrait poser problème dans des zones déjà soumises à un stress hydrique. Ces contraintes rappellent que la transition énergétique ne peut se faire sans une approche intégrée, prenant en compte les spécificités locales.

La table ronde de Tunis a donc permis de dresser un état des lieux réaliste des avancées et des obstacles dans le domaine des énergies durables en Algérie. Si le pays dispose d’atouts indéniables, sa réussite dépendra de sa capacité à lever les freins administratifs, à mobiliser des financements et à impliquer l’ensemble des parties prenantes. Les prochains mois seront décisifs pour voir si les engagements pris lors de cette rencontre se traduiront par des actions concrètes.

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