Le 30 octobre 2024, l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej) a officiellement changé de nom pour devenir l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat (Anade). Cette transformation, annoncée par le Premier ministre Nadir Larbaoui lors d’une cérémonie à Alger, marque une évolution stratégique dans l’accompagnement des porteurs de projets en Algérie. Selon El Moudjahid, ce rebranding s’inscrit dans une refonte plus large des missions de l’agence, visant à simplifier les procédures et à élargir son champ d’action.
L’Anade hérite des prérogatives de l’Ansej, mais avec des ajustements significatifs. D’abord, son périmètre d’intervention s’étend désormais aux micro-entreprises et aux auto-entrepreneurs, jusqu’ici moins ciblés par les dispositifs publics. « L’objectif est de couvrir l’ensemble de l’écosystème entrepreneurial, des jeunes diplômés aux travailleurs indépendants », a déclaré le directeur général de l’Anade, dont le nom n’a pas été révélé dans les communiqués officiels. Parmi les nouveautés, l’agence promet un accompagnement renforcé en matière de financement, avec des prêts à taux zéro pouvant atteindre 10 millions de dinars pour les projets innovants, contre 5 millions auparavant.
Cette réforme intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à diversifier son économie, encore largement dépendante des hydrocarbures. Selon les données du ministère des Finances, les PME et micro-entreprises représentent seulement 12 % du PIB, un chiffre bien en deçà des standards régionaux. Le gouvernement mise sur l’Anade pour inverser cette tendance, en s’appuyant sur des partenariats avec des institutions comme la Banque d’Algérie et l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI). « Nous voulons faire de l’entrepreneuriat un levier de croissance, pas seulement un filet social », a souligné Larbaoui lors de son discours.
Des procédures simplifiées, mais des défis persistants
Cependant, des obstacles subsistent. Les banques publiques, partenaires historiques de l’Ansej, restent réticentes à financer certains secteurs jugés risqués, comme les technologies ou les services. « Les garanties demandées sont souvent disproportionnées par rapport aux montants empruntés », explique Samia D., consultante en création d’entreprise à Oran. Par ailleurs, l’Anade n’a pas encore précisé si les avantages fiscaux accordés aux projets soutenus par l’Ansej (exonération d’impôts pendant trois ans) seront maintenus ou étendus.
L’impact sur la diaspora algérienne
« Beaucoup de membres de la diaspora veulent créer des entreprises en Algérie, mais ils se heurtent à des barrières administratives et à un manque d’information », observe Farid L., président d’une association d’entrepreneurs algériens en France. L’Anade pourrait combler ce vide en proposant des guichets uniques dans les consulats algériens à l’étranger, une mesure encore à l’étude.
Un modèle inspiré des voisins maghrébins
Pour autant, l’Algérie part de loin. Selon le rapport « Doing Business 2020 » de la Banque mondiale, le pays se classe au 157e rang mondial pour la facilité à créer une entreprise, derrière la Tunisie (78e) et le Maroc (53e). La transformation de l’Ansej en Anade pourrait améliorer ce classement, à condition que les promesses de simplification soient suivies d’effets concrets.
À retenir pour les entrepreneurs
L’Anade remplace l’Ansej avec des prêts pouvant atteindre 10 millions de dinars et une plateforme en ligne pour accélérer les démarches. Les secteurs innovants et la diaspora sont désormais prioritaires, mais les garanties bancaires et les délais restent des points de vigilance. Les entrepreneurs doivent se rapprocher des antennes locales de l’agence pour bénéficier des nouveaux dispositifs.
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