En mars 2021, le gouvernement algérien a lancé une campagne de régularisation fiscale ciblant les membres de la diaspora algérienne, les Marocains résidents à l’étranger (MRE) et, par extension, les Algériens résidant hors du pays. Cette mesure, relayée par Le Courrier de l’Atlas, imposait aux MRE de déclarer leurs comptes bancaires détenus à l’étranger avant septembre 2021 sous peine de sanctions. Quatre ans plus tard, cette actualité resurgit comme un signal pour les entrepreneurs algériens de la diaspora et les investisseurs locaux, alors que les autorités fiscales algériennes durcissent leur contrôle sur les flux financiers transfrontaliers.
Une régularisation fiscale aux contours flous
Aucune statistique officielle n’a été publiée sur le nombre de déclarations reçues ou les montants rapatriés. En revanche, des sources bancaires algériennes, citées par El Watan en 2022, estimaient que moins de 10 % des MRE concernés avaient répondu à l’appel. Un chiffre qui en dit long sur la méfiance des diasporas envers les dispositifs fiscaux algériens, perçus comme instables ou mal expliqués.
Le durcissement des contrôles en 2024-2025
Pour les entrepreneurs algériens, cette évolution signifie deux choses. D’abord, les comptes détenus à l’étranger ne sont plus une zone d’ombre : les autorités fiscales peuvent désormais les identifier via les déclarations des banques partenaires. Ensuite, les transferts de fonds, qu’ils proviennent de la diaspora ou de filiales étrangères, sont scrutés de près. Un entrepreneur algérien basé à Paris ou à Dubaï qui injecte des capitaux dans une PME à Alger doit désormais s’attendre à justifier l’origine de ces fonds et à les déclarer.
Les risques pour les non-déclarants
Pour les entrepreneurs de la diaspora, le risque est double. D’une part, une régularisation tardive pourrait coûter cher en pénalités. D’autre part, les banques algériennes, sous pression des régulateurs, pourraient bloquer les transferts en provenance de comptes non déclarés. Un cas récent, rapporté par Liberté en 2024, concernait un homme d’affaires algérien basé à Londres dont les virements vers l’Algérie ont été gelés pendant six mois, le temps que la DGI vérifie la conformité de ses comptes britanniques.
Opportunités et pièges pour les investisseurs
Cependant, ces avantages sont conditionnés à une déclaration préalable des fonds investis. Un entrepreneur qui rapatrie 500 000 euros pour lancer une usine à Oran doit prouver que cet argent provient d’un compte déclaré, sous peine de voir son projet bloqué par les autorités douanières ou fiscales. Les cabinets d’avocats fiscalistes, comme CMS Algeria ou Deloitte Algérie, notent une hausse des demandes de conseil depuis 2023, notamment de la part de la diaspora souhaitant structurer leurs investissements en conformité avec la loi.
La coopération internationale comme levier
Pour les entrepreneurs, cette coopération a un impact concret. Un Algérien qui détient un compte en France et une entreprise en Algérie ne peut plus espérer échapper au fisc algérien : les deux administrations partagent désormais les données. Cette transparence accrue peut aussi rassurer les investisseurs étrangers, qui craignent les risques de double imposition ou de litiges fiscaux. En 2024, le ministère des Finances a annoncé la création d’une « task force » dédiée aux contentieux fiscaux internationaux, avec pour mission de résoudre les dossiers en moins de six mois.
Les défis pour les PME et startups
Les startups, en particulier celles du numérique, sont aussi concernées. Un développeur algérien basé à Berlin qui souhaite rapatrier une partie de ses revenus pour financer une équipe à Alger doit déclarer ces fonds comme revenus professionnels, sous peine de voir son compte bancaire algérien gelé. Les plateformes de freelance comme Upwork ou Malt, populaires parmi les jeunes entrepreneurs algériens, sont désormais dans le collimateur de la DGI, qui exige que les revenus perçus à l’étranger soient déclarés en Algérie.
Que faire en 2025 ?
Les banques algériennes, comme la BADR ou la BNA, proposent désormais des services dédiés aux MRE, avec des conseillers spécialisés dans les flux transfrontaliers. Ces dispositifs, bien que perfectibles, offrent un cadre plus sécurisé que les circuits informels, de plus en plus risqués.
À retenir pour les entrepreneurs
La déclaration des comptes à l’étranger n’est plus une option pour les Algériens de la diaspora : c’est une obligation légale, sous peine de sanctions financières ou de blocage des fonds. Les
💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.