Tendances de la semaine
1. Cadre réglementaire : nouvelles contraintes pour les entreprises
– Registre des bénéficiaires effectifs : Mise à jour en mai 2024. Les entreprises doivent déclarer leurs actionnaires réels, y compris ceux détenant indirectement plus de 5 % du capital. Sanctions en cas de non-conformité : suspension du registre de commerce.
– Rapport semestriel obligatoire : Les entreprises de production doivent désormais transmettre un rapport d’activité aux autorités, via un formulaire standardisé publié par le CNRC. Objectif : suivre la conformité aux engagements d’investissement et d’emploi.
– Formulaire CNRC : Un nouveau document, disponible sur le site du CNRC, est exigé pour toute modification statutaire (changement d’adresse, d’activité, etc.). Délai de traitement : 15 jours ouvrables.
Lien avec la fiscalité : Ces mesures s’inscrivent dans une logique de lutte contre l’évasion fiscale. La retenue à la source sur les dépenses non refacturées aux filiales étrangères (article 150 du Code des impôts) est désormais appliquée avec rigueur. Les entreprises concernées doivent justifier ces dépenses sous peine de redressement.
2. Fiscalité : ajustements et risques pour les entrepreneurs
– Avantage fiscal dans l’automobile : Moez Belkhiria, président de l’Association des concessionnaires automobiles, alerte sur une mesure de la LF 2026 accordant une exonération partielle de TVA aux véhicules électriques importés. Conséquence : déséquilibre concurrentiel pour les assembleurs locaux (ex. : Renault Algérie, qui produit des modèles thermiques).
– Dividendes étrangers : Risque de double imposition pour les entrepreneurs algériens détenant des parts dans des sociétés à l’étranger. La convention fiscale avec la France, par exemple, prévoit un crédit d’impôt limité à 15 % du montant brut des dividendes. Les non-résidents doivent déclarer ces revenus via le formulaire 2042-NR, sous peine de pénalités.
– Déclaration des non-résidents : Les Algériens de la diaspora percevant des revenus en Algérie (loyers, dividendes) doivent remplir la déclaration 2024 avant le 30 septembre. Taux d’imposition : 15 % pour les revenus fonciers, 10 % pour les dividendes.
Chiffres clés :
– Taux de TVA standard en Algérie : 19 % (9 % pour certains produits de première nécessité).
– Seuil de déclenchement de l’impôt sur les sociétés : 3 millions DZD de bénéfice annuel.
3. Diaspora et investissements : assouplissements et opportunités
– Transfert de capitaux : Nouvelles conditions pour les investissements à l’étranger. Les Algériens résidents peuvent transférer jusqu’à 100 000 USD/an pour des projets d’investissement (contre 50 000 USD auparavant). Justificatifs requis : business plan, preuve de fonds propres, et accord préalable de la Banque d’Algérie.
– Discours ministériel : Yacine Oualid, ministre des Startups, déclare dans un entretien à TSA : « L’Algérie offre des incitations fiscales pour les startups, notamment une exonération d’IS pendant 3 ans et un taux réduit de 10 % ensuite ». Il cite également des facilités pour les entreprises innovantes (accès au fonds ANSEJ+, subventions à l’export).
– Dispositif Air Algérie : Pour la saison estivale 2024, la compagnie a mis en place des vols supplémentaires vers Paris, Marseille, Montréal et Dubaï. Tarifs : à partir de 45 000 DZD aller-retour (contre 60 000 DZD en 2023). Objectif : capter les flux de la diaspora et des touristes.
Partenariats Chine-Algérie :
– Le ministre de l’Industrie, Ali Aoun, a reçu une délégation du groupe Baowu (1er sidérurgiste mondial) pour discuter de projets dans la sidérurgie bas carbone. Investissement envisagé : 1,2 milliard USD pour une usine de production d’acier vert à Annaba.
– Coopération industrielle : Renforcement des joint-ventures dans les énergies renouvelables (solaire, hydrogène). Exemple : le projet Tafouk1 (1 GW de solaire), porté par Sonelgaz et des entreprises chinoises.
4. Création d’entreprise : entre innovation et contraintes
– Innovation ouverte : Le Vietnam sert de modèle pour l’Algérie. Des incubateurs comme Cipal (Constantine) ou 1000 Startups (Alger) testent des programmes de collaboration avec des entreprises étrangères. Exemple : partenariat entre Condor Electronics et une startup vietnamienne pour des solutions IoT agricoles.
– Guerre des talents IA : L’actualité internationale (refus de 1,5 milliard USD par un ex-OpenAI) illustre la compétition pour les profils tech. En Algérie, les salaires dans l’IA restent bas : 150 000 à 300 000 DZD/mois pour un ingénieur junior (contre 3 000 à 5 000 USD à Dubaï).
– ANADE : L’Agence Nationale de Développement de l’Emploi annonce des résultats « excellents » pour les candidats au BAC 2024 en filière technique et professionnelle (taux de réussite : 82 %, contre 65 % en filière générale). Objectif : former des profils adaptés aux besoins des PME locales.
Chiffres :
– Nombre de startups créées en 2023 : 12 450 (source : ministère des Startups).
– Taux de survie à 3 ans : 45 % (contre 60 % au Maroc).
5. E-commerce et freelance : modèles en mutation
– Tendances e-commerce 2026 : Les produits les plus vendus en ligne seront :
1. Équipements solaires (demande portée par les subventions étatiques).
2. Produits halal (cosmétiques, alimentaire).
3. Services de livraison express (partenariats avec Yassir et Temtem).
– Influenceurs : Les marques algériennes collaborent de plus en plus avec des créateurs de contenu. Budget moyen pour une campagne : 500 000 à 2 millions DZD (pour 100 000 abonnés).
– Freelance : Les indépendants algériens ciblent les marchés francophones et arabes. Plateformes dominantes : Upwork (30 % des freelancers), Malt (20 %), et Fiverr (15 %). Problème : comptes bancaires non-résidents. Solutions :
– Wise (frais de change : 0,4 %).
– Payoneer (frais de retrait : 1 %).
– Compte en devises auprès de la BNA ou BEA (autorisé pour les exportateurs de services).
Réglementation :
– Les revenus des freelancers sont imposables en Algérie dès 3 millions DZD/an (taux : 10 % pour les premiers 3 millions, 20 % au-delà).
– Aucune TVA n’est appliquée sur les services exportés.
6. ANGEM : focus sur les PME et l’industrie
– Microcrédits : L’ANGEM a distribué 120 000 crédits en 2023 (montant moyen : 1,2 million DZD). Taux d’intérêt : 3 % (contre 7 % pour les banques commerciales).
– Secteur automobile : Le gouvernement envisage de limiter les importations de véhicules d’occasion (âge maximal : 5 ans, contre 3 ans actuellement). Impact : hausse de la demande pour les véhicules neufs locaux (ex. : Dacia Sandero assemblée à Oran).
– Sidérurgie : Le projet avec Baowu prévoit la création de 2 500 emplois directs et une production annuelle de 3 millions de tonnes d’acier d’ici 2028.
Bilan de la semaine
À retenir pour les entrepreneurs
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