L’Algérie accélère sa transformation dans le secteur agroalimentaire, devenu un pilier de son économie et un levier d’exportation. Selon Le360, qui a publié une analyse récente, ce secteur représente désormais près de 12 % du PIB national et emploie plus de 500 000 personnes, directement ou indirectement. Les chiffres officiels du ministère de l’Agriculture et du Développement rural confirment cette dynamique : les exportations agroalimentaires ont atteint 1,2 milliard de dollars en 2024, en hausse de 30 % par rapport à l’année précédente. Une performance portée par des filières comme les dattes, l’huile d’olive, les produits halieutiques et les conserves de légumes.
Des filières locales en pleine structuration
Les petites et moyennes entreprises (PME) ne sont pas en reste. À Biskra, la coopérative Dattes de l’Oued Righ a obtenu en 2024 la certification GlobalGAP, ouvrant les portes des supermarchés européens. « Nous avons investi dans des machines de tri automatique et un laboratoire de contrôle qualité. Aujourd’hui, 40 % de notre production part vers l’Union européenne », explique son directeur, Mohamed Amrani. Même succès pour l’huile d’olive : l’Algérie est devenue le 5e exportateur mondial en 2023, avec 80 000 tonnes vendues à l’étranger, selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Les défis logistiques et réglementaires
Autre frein : les normes sanitaires et phytosanitaires. Si l’Algérie a aligné une partie de sa réglementation sur les standards européens, des écarts subsistent, notamment pour les produits transformés. « Les autorités algériennes exigent des certifications supplémentaires pour les conserves de légumes, ce qui complique l’accès au marché français. Nous devons souvent refaire des tests en Europe, ce qui coûte cher », explique Karima Benali, directrice d’une PME spécialisée dans les haricots verts en conserve à Blida.
La diaspora algérienne, un relais à l’international
Des entrepreneurs de la diaspora investissent aussi directement dans le secteur. C’est le cas de Nassim Kaci, un Franco-Algérien basé à Lyon, qui a créé en 2022 DZ Gourmet, une marque spécialisée dans l’exportation de produits algériens haut de gamme (huile d’olive, épices, confitures). « La demande est forte, surtout pour les produits bio et les spécialités régionales. Nous travaillons avec des coopératives en Kabylie et dans les Aurès pour sourcer des produits de qualité », explique-t-il. Son entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros en 2024, avec une croissance de 40 % par an.
Les opportunités pour les nouveaux entrepreneurs
Les dispositifs d’accompagnement se multiplient. L’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI) propose des exonérations fiscales pour les projets agroalimentaires dans les wilayas du Sud (Adrar, Tamanrasset, Illizi), où les terres agricoles sont abondantes. La Banque algérienne de développement (BAD) a également lancé en 2024 un fonds de 20 milliards de dinars pour financer les PME du secteur, avec des taux d’intérêt subventionnés à 3 %.
Les risques à anticiper
Autre défi : la concurrence des pays voisins. La Tunisie et le Maroc, qui bénéficient d’accords de libre-échange avec l’Union européenne, exportent davantage de produits transformés (comme les conserves de poisson ou les plats cuisinés). « L’Algérie doit accélérer les négociations pour un accord similaire avec l’UE, sinon nous resterons cantonnés aux produits bruts », estime un expert du secteur.
À retenir pour les entrepreneurs
Le secteur agroalimentaire algérien offre des débouchés réels à l’export, avec une demande croissante pour les produits bio, transformés et haut de gamme. Les dispositifs d’accompagnement (subventions, fonds dédiés) facilitent l’accès au marché, mais les entrepreneurs doivent anticiper les contraintes logistiques et réglementaires. La diaspora algérienne représente un relais clé pour conquérir les marchés étrangers, notamment en Europe et en Afrique.
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