La wilaya de Mila s’apprête à franchir un cap significatif dans sa production oléicole. Selon الإذاعة الجزائرية, les prévisions pour la campagne 2023 tablent sur une récolte dépassant les 2,2 millions de litres d’huile d’olive. Ce chiffre, s’il se confirme, marquerait une progression notable pour une région où l’oléiculture occupe une place centrale dans l’économie locale.
Une filière ancrée dans le territoire
Les oléiculteurs de Mila misent également sur la mécanisation des récoltes pour réduire les coûts et améliorer l’efficacité. Des coopératives agricoles, comme celle de Sidi Merouane ou de Grarem Gouga, jouent un rôle clé dans la structuration de la filière. Elles facilitent l’accès aux intrants, aux équipements et aux formations techniques, tout en assurant un meilleur écoulement de la production vers les unités de trituration.
Des défis persistants malgré les progrès
Un autre défi réside dans la commercialisation. Bien que l’huile d’olive algérienne bénéficie d’une réputation croissante à l’export, notamment vers l’Europe et les pays du Golfe, les producteurs de Mila peinent à accéder directement aux marchés internationaux. La majorité de la production est écoulée localement ou via des intermédiaires, ce qui réduit les marges bénéficiaires. Les pouvoirs publics ont lancé des programmes d’accompagnement pour aider les coopératives à obtenir des certifications (bio, AOP) et à développer des marques régionales, mais ces initiatives restent en phase de déploiement.
L’impact économique et social
Au-delà de l’aspect économique, la filière oléicole joue un rôle social majeur. Elle emploie une main-d’œuvre saisonnière nombreuse, notamment lors de la récolte, qui s’étend généralement de novembre à janvier. Dans certaines communes comme Oued Endja ou Rouached, l’activité mobilise des centaines de travailleurs, dont une part importante de femmes. Ces emplois temporaires permettent de compléter les revenus des ménages ruraux et de limiter l’exode vers les zones urbaines.
Vers une meilleure valorisation
Par ailleurs, les autorités locales encouragent la diversification des débouchés. L’huile d’olive de Mila, réputée pour son goût fruité et son faible taux d’acidité, pourrait être davantage mise en avant sur le marché national et à l’export. Des campagnes de promotion sont envisagées, notamment lors de salons spécialisés comme le Salon international de l’agriculture (SIAG) ou le Salon de l’huile d’olive de Bejaïa. L’objectif est de positionner Mila comme une référence en matière d’huile d’olive algérienne, aux côtés d’autres wilayas productrices comme Tizi Ouzou, Béjaïa ou Sétif.
Un secteur stratégique pour l’Algérie
Le gouvernement algérien a d’ailleurs placé l’oléiculture parmi les priorités du Plan national de développement agricole (PNDA). Des incitations fiscales, des subventions pour l’acquisition d’équipements et des programmes de replantation d’oliviers sont mis en place pour soutenir les producteurs. À Mila, ces mesures ont déjà porté leurs fruits, avec une augmentation de 20 % des surfaces plantées au cours des cinq dernières années.
Un modèle à dupliquer
Pour l’heure, les oléiculteurs de Mila restent mobilisés pour atteindre l’objectif des 2,2 millions de litres. Si les conditions climatiques se maintiennent et que les efforts de modernisation se poursuivent, cette campagne pourrait bien marquer un tournant pour la région. Une chose est sûre : l’huile d’olive algérienne, et celle de Mila en particulier, a encore de beaux jours devant elle.