La rencontre entre le président algérien Abdelmadjid Tebboune et la Première ministre italienne Giorgia Meloni à Rome, en juillet 2025, marque un tournant dans les relations bilatérales entre Alger et Rome. Les deux dirigeants ont affiché une entente cordiale, centrée sur la consolidation des échanges énergétiques et économiques, selon les déclarations officielles rapportées par Le Figaro et l’agence de presse algérienne APS.
Un partenariat renforcé malgré les tensions régionales
Le contexte géopolitique, marqué par les crises en Libye et au Sahel, n’a pas entravé les discussions. L’Italie, qui cherche à réduire sa dépendance aux hydrocarbures russes, mise sur l’Algérie pour sécuriser ses approvisionnements. En 2024, l’Algérie a fourni près de 25 % du gaz consommé par l’Italie, selon les données de l’Institut italien des statistiques (ISTAT).
Des investissements italiens dans les infrastructures algériennes
Sonatrach et Eni ont également signé un protocole d’accord pour explorer de nouveaux gisements offshore en Méditerranée, une zone où l’Algérie et le Maroc se disputent des droits d’exploitation. Ce projet, s’il aboutit, pourrait renforcer la position de l’Algérie comme acteur majeur dans le bassin méditerranéen.
Une coopération sécuritaire et migratoire
Par ailleurs, les deux pays ont convenu de renforcer leur coopération sécuritaire, notamment dans la lutte contre le terrorisme. L’Algérie, qui partage une frontière avec le Mali et le Niger, deux pays en proie à l’instabilité, a souligné l’importance d’une « coordination régionale » pour faire face aux menaces transnationales.
Réactions et enjeux pour l’Algérie
Cependant, certains analystes soulignent les défis à venir. L’Algérie doit diversifier son économie pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures, un objectif réaffirmé par Tebboune lors de son discours à Rome. « L’Algérie ne se contente plus d’être un fournisseur de gaz. Nous voulons devenir un hub énergétique et industriel pour l’Europe », a-t-il déclaré.
Perspectives économiques et géopolitiques
Les prochains mois seront décisifs pour concrétiser les projets annoncés. Les investissements italiens dans les énergies renouvelables et les infrastructures pourraient donner un coup de fouet à l’économie algérienne, à condition que les réformes structurelles promises par le gouvernement soient mises en œuvre. Pour l’heure, l’entente affichée entre Tebboune et Meloni ouvre une nouvelle page dans les relations entre l’Algérie et l’Europe.