La Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) a obtenu l’exclusivité de l’approvisionnement en médicaments des établissements publics de santé, selon une décision récente du ministère de la Santé. Cette mesure, annoncée par Algérie360, vise à mettre fin aux pénuries récurrentes qui paralysent le système hospitalier depuis des années. Le directeur général de la PCH, Abdelkader Bouzidi, a confirmé que cette réforme s’inscrit dans le cadre d’un plan national de sécurisation des stocks, en coordination avec les laboratoires pharmaceutiques locaux et les importateurs agréés.
Un monopole pour rationaliser la distribution
Les syndicats du secteur hospitalier, comme le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), ont salué cette initiative, mais restent prudents. « C’est une avancée, mais il faut s’assurer que la PCH dispose des moyens logistiques pour gérer ce flux », a souligné le secrétaire général du SNPSP, Dr. Mohamed Yousfi, dans une déclaration à El Watan. Les critiques portent notamment sur les capacités de stockage de la PCH, jugées insuffisantes pour couvrir les besoins de l’ensemble des wilayas.
Des défis logistiques et financiers
Ensuite, le financement de cette réforme reste un point d’interrogation. La PCH devra négocier des prix compétitifs avec les laboratoires, tout en évitant les surcoûts liés aux importations. Selon des sources internes citées par Liberté, le budget alloué à cette opération s’élève à plus de 50 milliards de dinars pour l’année en cours. Une partie de cette enveloppe sera consacrée à l’achat de médicaments génériques, afin de réduire la dépendance aux produits importés.
Les laboratoires locaux en première ligne
Cependant, certains acteurs du secteur privé expriment des réserves. Les importateurs, qui représentent encore 40 % du marché, craignent une marginalisation progressive. « Si la PCH favorise systématiquement les laboratoires publics, cela créera une distorsion de concurrence », a déclaré un représentant de l’Association des importateurs de médicaments (AIM), cité par TSA. Le ministère de la Santé a assuré que les appels d’offres resteront ouverts à tous les fournisseurs, sous réserve du respect des normes de qualité.
Un test pour la souveraineté sanitaire
Les premiers résultats de cette mesure seront scrutés de près. Si la PCH parvient à stabiliser l’approvisionnement, ce modèle pourrait être étendu à d’autres secteurs, comme les dispositifs médicaux ou les vaccins. Dans le cas contraire, les hôpitaux risquent de se retrouver dans une situation encore plus critique, avec des stocks centralisés mais mal gérés. Pour l’instant, les patients et les professionnels de santé attendent de voir si cette réforme tiendra ses promesses.