Revue de presse : Relations Algérie Maroc, Partis politiques Algérie, Artisanat algérien…

**Le miroir brisé : une actualité algérienne en quête de sens**

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’absence de récit unificateur. L’État algérien, tel un funambule, oscille entre la célébration de ses succès (le solaire, l’urbanisme) et la gestion paniquée de ses échecs (la dépréciation du dinar, l’exode vers l’Espagne). Les partis politiques, quant à eux, semblent jouer une partition écrite d’avance, où les déclarations tonitruantes de Mokri sur l’ère Bouteflika contrastent avec la docilité des formations traditionnelles face au pouvoir militaire. Dans ce théâtre d’ombres, le citoyen algérien est à la fois spectateur et acteur malgré lui : il vote avec ses pieds (vers l’Europe), avec ses mains (dans l’artisanat), ou avec son portefeuille (en spéculant sur le dinar).

**Le dinar et la fuite : l’économie comme champ de bataille**

Or, cette crise monétaire n’est pas qu’une question technique. Elle est politique. Car derrière la chute du dinar se cache l’incapacité de l’État à diversifier une économie encore dépendante des hydrocarbures (90 % des exportations). Le solaire, présenté comme une panacée (avec la centrale de Taleb Larbi), reste marginal dans le mix énergétique. Pire : les recettes pétrolières, en baisse depuis 2014, ne suffisent plus à financer les subventions sociales, ce qui explique la hausse de la Zakat El-Fitr en 2026 – un aveu d’impuissance déguisé en mesure religieuse. Dans ce contexte, la fuite vers l’Espagne (« Partons tous ! ») n’est pas seulement un exode de désespoir : c’est un vote de défiance contre un système qui promet la stabilité tout en organisant sa propre asphyxie.

**L’armée, les partis et le fantôme de Bouteflika : la politique comme farce tragique**

Le président Tebboune, lui, joue les équilibristes. En recevant les dirigeants du FLN, du RND et du MSP, il tente de donner l’illusion d’un pluralisme contrôlé. Mais ces partis, vidés de leur substance, ne sont plus que des coquilles vides. Leur rôle ? Servir de caution démocratique à un pouvoir qui, en réalité, ne tolère aucune alternative. La preuve : l’armée, via son chef d’état-major Saïd Chengriha, a clairement signifié que toute transition devait passer par elle. Dans ce jeu de dupes, les Algériens n’ont le choix qu’entre l’apathie et la révolte – d’où l’exode massif vers l’Europe, où les demandes d’asile syriennes (et bientôt algériennes ?) deviennent un enjeu géopolitique pour l’UE.

**L’artisanat et les universités : deux faces d’une même désillusion**

Pourtant, ces initiatives locales (artisanat, énergies renouvelables) butent sur un obstacle majeur : l’absence de cadre institutionnel. La centrale solaire de Taleb Larbi, présentée comme un « levier pour l’emploi », reste une exception dans un pays où les projets industriels peinent à voir le jour. Quant aux universités, elles forment des diplômés condamnés à l’exil ou au chômage – d’où l’ironie cruelle des « portes ouvertes » organisées par l’ESAA, alors que les jeunes Algériens rêvent de franchir celles de l’Europe.

**Télécoms et urbanisme : la modernité en trompe-l’œil**

Même constat pour l’urbanisme. Les campagnes d’embellissement urbain et les colloques sur les « risques sismiques » masquent une vérité crue : les villes algériennes sont devenues des monstres ingérables, où la spéculation immobilière le dispute à l’anarchie urbanistique. La « chronotopie du paysage sonore » évoquée dans une étude sur les places publiques est un euphémisme pour décrire le chaos des rues d’Alger ou d’Oran, où les klaxons couvrent les cris des marchands ambulants et les prières des mosquées. L’État algérien, incapable de réguler cette croissance anarchique, se contente de mesures cosmétiques – comme si repeindre les façades pouvait effacer les bidonvilles.

**Le football et l’exil : les deux visages de l’Algérie rêvée**

À l’inverse, l’exil des Algériens vers l’Espagne est le symptôme d’un échec collectif. Ces départs massifs, présentés comme une « fuite », sont en réalité une forme de résistance passive. Les candidats à l’immigration ne fuient pas seulement la pauvreté : ils rejettent un système qui leur promet la stabilité tout en les condamnant à la précarité. Et l’Europe, avec ses nouvelles orientations sur l’asile syrien, prépare déjà le terrain pour accueillir ces nouveaux réfugiés – comme si l’Algérie était déjà un pays en guerre, non pas militaire, mais sociale et économique.

**Synthèse prospective : l’Algérie à la croisée des chemins**

Trois scénarios se dessinent pour l’avenir :

1. Le scénario de la stagnation contrôlée : L’État algérien, avec l’appui de l’armée, maintient le statu quo en alternant répression et mesures cosmétiques. Le dinar continue de se déprécier, l’exode s’intensifie, mais le régime survit en jouant sur la peur du chaos (comme en 1990). Ce scénario est le plus probable à court terme, mais il est intenable à long terme : une économie en crise permanente finira par exploser.

2. Le scénario de la rupture violente : Face à l’aggravation de la crise économique, un nouveau Hirak éclate, plus

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