La relation entre l’Algérie et le Maroc, marquée par des décennies de tensions, a récemment pris une nouvelle dimension. Dans un article publié par Quid.ma le 29 octobre 2025, l’analyste Mohamed Benabdelkader revient sur l’évolution du conflit, passant de la « guerre des sables » des années 1960 à une « guerre des narratifs » contemporaine. Cette mutation reflète une stratégie plus subtile, où les discours et les perceptions occupent désormais une place centrale dans l’affrontement entre les deux pays.
Un conflit historique réinventé
Cette guerre des narratifs se manifeste à travers plusieurs canaux. Les médias des deux pays, souvent étatiques ou proches des pouvoirs, jouent un rôle clé dans la diffusion de récits concurrents. Les déclarations officielles, les rapports diplomatiques et même les réseaux sociaux deviennent des arènes où se confrontent les visions algérienne et marocaine. Benabdelkader souligne que cette approche permet d’éviter un conflit ouvert tout en maintenant une pression constante sur l’adversaire.
Les enjeux pour l’Algérie
Cependant, cette guerre des narratifs comporte des risques. Elle peut alimenter une polarisation interne, où les citoyens algériens sont incités à adopter une vision manichéenne des relations avec le Maroc. De plus, elle expose l’Algérie à des critiques sur sa propre gouvernance, notamment en matière de droits humains ou de gestion des ressources, des sujets que Rabat n’hésite pas à exploiter pour affaiblir son voisin.
Les outils de la diplomatie algérienne
Sur le plan médiatique, l’Algérie a investi dans des plateformes comme la chaîne de télévision publique ENTV ou l’agence de presse APS pour diffuser sa version des événements. Les réseaux sociaux, bien que moins contrôlés, sont également utilisés pour mobiliser l’opinion publique nationale et internationale. Benabdelkader note que cette approche vise à créer un écosystème informationnel favorable, où les récits algériens dominent.
Un équilibre fragile
Dans ce contexte, la question du Sahara occidental reste le principal point de friction. Tant que cette question ne sera pas résolue, la guerre des narratifs se poursuivra, avec des conséquences sur la stabilité régionale. Benabdelkader conclut que cette situation exige une approche plus nuancée, où les deux pays devraient privilégier le dialogue plutôt que la confrontation. Cependant, dans un environnement marqué par la méfiance et les rivalités historiques, cette perspective semble encore lointaine.