Oran accueille depuis le 10 février 2026 le premier Salon international de l’industrie automobile et de la sous-traitance, Mechanica Algérie. Cet événement, organisé par la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) en partenariat avec le ministère de l’Industrie, marque une étape clé dans la stratégie algérienne de développement d’une filière automobile nationale. Plus de 150 exposants, dont des constructeurs locaux et étrangers, des équipementiers et des sous-traitants, y présentent leurs capacités et leurs projets pour répondre aux besoins du marché algérien.
Selon Algerie Patriotique, qui couvre l’événement, Mechanica Algérie 2026 met en avant les avancées réalisées par les entreprises algériennes dans la production de composants automobiles. Parmi les participants figurent des acteurs comme la Société nationale des véhicules industriels (SNVI), qui expose ses derniers modèles de camions et bus assemblés en Algérie, ainsi que des PME locales spécialisées dans la fabrication de pièces détachées. Le salon sert également de plateforme pour les partenariats internationaux, avec la présence d’entreprises turques, chinoises et européennes cherchant à s’implanter sur le marché algérien.
Le ministre de l’Industrie, Ahmed Zaghdar, a souligné lors de l’inauguration que ce salon s’inscrit dans la volonté du gouvernement de réduire la dépendance aux importations et de stimuler la production locale. « L’Algérie dispose d’un potentiel industriel sous-exploité dans le secteur automobile. Mechanica Algérie est une opportunité pour identifier les maillons manquants de notre chaîne de valeur et attirer des investissements ciblés », a-t-il déclaré. Le ministère table sur une augmentation de la part de la production locale dans les véhicules commercialisés en Algérie, avec un objectif de 30 % d’ici 2030.
Parmi les projets phares présentés lors du salon, celui de la joint-venture entre le groupe algérien Cevital et le constructeur chinois Chery pour la production de véhicules électriques à Sétif. Ce projet, annoncé en 2024, prévoit la construction d’une usine d’assemblage d’une capacité annuelle de 100 000 véhicules d’ici 2027. Les premiers modèles, destinés au marché local, devraient être commercialisés dès 2026. D’après des sources proches du dossier, cette usine permettrait de créer plus de 3 000 emplois directs et indirects, tout en intégrant progressivement des composants fabriqués localement.
La sous-traitance est un autre volet central de Mechanica Algérie. Plusieurs PME algériennes, comme la société Condor Electronics, spécialisée dans les systèmes électriques pour automobiles, ou encore la filiale du groupe Cosider, Cosider Métallurgie, y présentent leurs innovations. Ces entreprises travaillent déjà avec des constructeurs étrangers pour fournir des pièces comme des câblages, des sièges ou des éléments de carrosserie. « Notre objectif est de passer d’une simple sous-traitance de premier niveau à une intégration plus poussée dans les chaînes de production mondiales », explique un responsable de Cosider Métallurgie, cité par l’APS.
Le salon a également été l’occasion d’aborder les défis logistiques et réglementaires qui freinent encore le développement du secteur. Les professionnels présents ont pointé du doigt les lenteurs administratives pour l’obtention des autorisations d’importation de machines et de matières premières, ainsi que le manque de formation spécialisée pour les ouvriers et techniciens. « Il faut simplifier les procédures et renforcer les centres de formation pour répondre aux besoins des industriels », a plaidé un représentant de la Fédération algérienne des équipementiers automobiles (FAEA).
Sur le plan international, Mechanica Algérie 2026 attire l’attention des pays voisins. Le Maroc, qui a déjà une industrie automobile bien établie, y voit une opportunité de coopération, notamment dans les domaines de la formation et de l’export. « L’Algérie et le Maroc pourraient mutualiser leurs efforts pour créer une filière régionale compétitive », suggère un analyste économique marocain cité par Le360. Cette perspective, bien que encore embryonnaire, pourrait redessiner les dynamiques industrielles du Maghreb.
Enfin, le salon met en lumière les opportunités offertes par la transition énergétique. Plusieurs exposants présentent des solutions pour la mobilité électrique, comme des bornes de recharge ou des batteries fabriquées localement. Le groupe Sonelgaz, présent à l’événement, a annoncé son intention de déployer 5 000 bornes de recharge d’ici 2028, en partenariat avec des entreprises privées. « L’Algérie a tout pour devenir un hub régional de la mobilité verte, grâce à ses ressources en énergies renouvelables et à sa position géographique », estime un expert du secteur, interrogé par El Watan.
Mechanica Algérie 2026 se poursuit jusqu’au 14 février et devrait donner lieu à plusieurs annonces concrètes, notamment des accords de partenariat entre entreprises algériennes et étrangères. Pour les observateurs, ce salon confirme la volonté de l’Algérie de diversifier son économie et de réduire sa dépendance aux hydrocarbures en misant sur l’industrie automobile. Reste à savoir si les mesures annoncées par le gouvernement, comme la simplification des procédures ou les incitations fiscales, suffiront à accélérer cette transformation.