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**Le puzzle algérien : entre urgence écologique et inertie politique**
L’Algérie se présente comme un kaléidoscope dont les fragments, bien que distincts, dessinent une image trouble : celle d’un pays à la croisée des chemins, où les réformes structurelles butent sur des logiques de pouvoir inchangées depuis des décennies. Les dix actualités retenues ici ne sont pas de simples nouvelles juxtaposées ; elles révèlent une société en tension entre trois forces contradictoires : l’urgence écologique et économique, la résistance des élites à toute transformation radicale, et l’émergence timide d’une modernité alternative, portée par des acteurs marginaux mais résilients.
Ce qui frappe d’emblée, c’est l’absence de fil conducteur apparent entre, par exemple, la salinisation des sols et l’introduction en bourse de Cash Plus, ou entre les caravanes électorales et la coopération militaire tuniso-américaine. Pourtant, ces éléments s’articulent autour d’une même matrice : l’Algérie comme laboratoire d’un capitalisme rentier en crise, où l’État tente de concilier stabilité autoritaire et adaptation forcée à un monde en mutation. Examinons comment ces pièces s’emboîtent.
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**1. L’eau et le béton : le duel des ressources**
**La salinisation, symptôme d’un modèle agricole en faillite**
Le paradoxe est cruel : l’Algérie, pays pétrolier, importe 50 % de ses besoins alimentaires, alors que ses nappes phréatiques s’épuisent. La réponse de l’État ? Des mégaprojets de dessalement d’eau de mer, coûteux et énergivores, qui renforcent la dépendance aux hydrocarbures – le même secteur qui finance ces solutions. On tourne en rond.
**Le logement, miroir des déséquilibres économiques**
Résultat : des villes fantômes (comme à Sidi Abdallah) côtoient des bidonvilles surpeuplés, tandis que les promoteurs privés, souvent proches du pouvoir, spéculent sur le foncier. La pénurie de matériel n’est donc pas une fatalité, mais le produit d’un système où l’accès aux ressources est réservé à une oligarchie.
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**2. L’innovation : entre folklore culturel et révolution silencieuse**
**Les festivals, vitrine d’une modernité sous contrôle**
Pourtant, dans l’ombre, une autre Algérie innove. Des jeunes entrepreneurs développent des solutions low-tech pour l’agriculture (irrigation goutte-à-goutte solaire), des artisans numérisent leurs savoir-faire (comme les potiers de la Casbah), et des collectifs citoyens luttent contre la désertification via la permaculture. Mais ces initiatives restent invisibilisées, faute de soutien institutionnel.
**La diversification économique : le mirage des zones franches**
Pour l’instant, ces projets ressemblent à des rustines sur une économie en lambeaux. La Tunisie, elle, mise sur le Japon pour la santé – un secteur où l’Algérie, malgré ses besoins criants, n’a pas de stratégie claire. Diversifier, oui, mais avec quels outils ? Sans réforme du système bancaire, sans protection des PME, sans lutte contre la corruption, les zones franches ne seront qu’un nouveau terrain de chasse pour les prédateurs économiques.
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**3. Justice et élections : le théâtre de l’immobilisme**
**Le congé de naissance, symbole d’un État social en déclin**
Pourquoi, alors, cette réforme ? Parce qu’elle coûte peu et donne l’illusion d’un progrès social. Pendant ce temps, les syndicats, affaiblis par des décennies de répression, peinent à imposer leur « cahier revendicatif 2025 ». La justice algérienne, elle, reste un outil de contrôle politique : les procès contre les opposants se multiplient, tandis que les affaires de corruption impliquant des hauts responsables sont enterrées.
**Les élections, ou l’art de perpétuer le pouvoir sans légitimité**
Pourquoi les Algériens boycottent-ils ? Parce que le système est conçu pour exclure toute alternance. Les partis d’opposition sont soit cooptés, soit réprimés, et la société civile est étouffée. Le référendum guinéen, où l’opposition a appelé au boycott sans succès, montre que l’Afrique francophone est devenue un laboratoire de la démocratie illibérale. En Algérie, le pouvoir joue sur deux tableaux : la répression des contestataires et la distribution de rentes (logements, emplois publics) pour acheter la paix sociale.
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**4. Les relations Algérie-Tunisie : entre coopération et méfiance**
**La Tunisie, partenaire ou concurrent ?**
Le rapport mondial 2025 sur les droits humains en Tunisie devrait inquiéter Alger : la dérive autoritaire de Kaïs Saïed ressemble à s’y méprendre à celle d’Abdelmadjid Tebboune. Pourtant, l’Algérie ferme les yeux, car elle a besoin de stabilité à ses frontières. La realpolitik l’emporte sur les principes.
**L’artisanat, dernier rempart contre la mondialisation ?**
Pourtant, l’artisanat pourrait être un levier de diversification économique. Des initiatives locales (comme les coopératives de femmes dans le Hoggar) montrent la voie, mais elles se heurtent à l’absence de politique publique cohérente. L’État préfère subventionner les importations de produits manufacturés plutôt que de soutenir les savoir-faire locaux.
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**5. La Bourse d’Alger : le capitalisme de connivence en action**
**Cash Plus, ou comment privatiser les profits et socialiser les risques**
La Bourse d’Alger n’est pas un outil de financement de l’économie réelle, mais un mécanisme de redistribution des rentes vers une élite économique. Les petits épargnants, eux, se méfient : les krachs boursiers des années 1990 (comme celui de la SAA) ont laissé des traces. Comment croire en un marché où les règles sont écrites par ceux qui en profitent ?
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**Synthèse prospective : l’Algérie face à ses trois scénarios**
L’Algérie se trouve à un moment charnière, où trois scénarios se dessinent :