Algérie impose une nouvelle règle aux industriels

Cette semaine, le gouvernement algérien a introduit une obligation supplémentaire pour les entreprises industrielles opérant sur son territoire. Selon un décret exécutif publié par le ministère de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, les sociétés du secteur doivent désormais intégrer un quota minimal de composants locaux dans leurs produits finis. Cette mesure, relayée par le site TSA, vise à renforcer l’intégration industrielle et à réduire la dépendance aux importations.

Un décret aux contours précis

D’après TSA, cette décision s’inscrit dans la continuité de la stratégie gouvernementale lancée en 2022, qui vise à porter la part de la production locale dans le PIB industriel à 60 % d’ici 2027. Le ministère de l’Industrie a justifié cette mesure par la nécessité de « stimuler la création d’emplois et de valoriser les ressources nationales », tout en limitant les sorties de devises liées aux importations de composants.

Réactions contrastées des industriels

À l’inverse, certains industriels ont exprimé leurs réserves. Un dirigeant d’une usine de montage automobile à Rouïba, qui a requis l’anonymat, a confié à TSA que « les délais sont trop courts et les fournisseurs locaux manquent de capacité pour répondre à la demande ». Il a également pointé du doigt le manque de clarté sur les critères d’évaluation du taux d’intégration locale, craignant des « interprétations arbitraires » de la part des autorités.

Un contexte économique tendu

Le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a récemment déclaré que « chaque dinar économisé sur les importations est un dinar investi dans le développement local ». Cette logique s’applique particulièrement aux secteurs stratégiques comme l’automobile, où l’Algérie importe encore 80 % des pièces détachées, malgré l’implantation d’usines de montage comme celle de Renault à Oran.

Des précédents et des défis

Un autre défi réside dans la qualité des composants locaux. Plusieurs industriels interrogés par El Watan ont souligné que « les pièces produites en Algérie souffrent souvent de problèmes de conformité et de délais de livraison ». Pour y remédier, le ministère de l’Industrie a annoncé la création d’un fonds de modernisation doté de 50 milliards de dinars, destiné à soutenir les PME dans l’acquisition de technologies et la certification de leurs produits.

Perspectives et prochaines étapes

Sur le plan international, cette décision pourrait influencer les négociations commerciales de l’Algérie. Le pays, qui a récemment adhéré à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), devra veiller à ce que ses mesures protectionnistes ne contreviennent pas aux règles de l’accord. Le ministre du Commerce extérieur, Zohir Moussaoui, a assuré que « l’Algérie respectera ses engagements tout en protégeant ses intérêts économiques », lors d’une conférence de presse organisée en septembre 2025.

Un pari risqué mais nécessaire

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