Le dispositif public de soutien à l’entrepreneuriat en Algérie a franchi une étape significative en 2025. Selon aps.dz, l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ) a financé 3 500 projets depuis la restructuration de son mécanisme d’accompagnement. Ce bilan, révélé récemment, met en lumière les efforts déployés pour dynamiser le tissu économique local, notamment dans les secteurs innovants et les zones enclavées.
Un levier pour l’emploi et l’innovation
Les montants alloués varient entre 5 et 50 millions de dinars par projet, avec un taux de remboursement amélioré, passant de 65 % à 78 % en deux ans. Cette performance s’explique par un accompagnement renforcé, incluant des formations en gestion et un suivi post-création. « Nous avons réduit les délais d’instruction de 40 % et simplifié les procédures pour les porteurs de projets », a déclaré le directeur général de l’ANSEJ, sans préciser de chiffres exacts.
Restructuration et défis persistants
Le secteur des startups, en particulier, reste sous-représenté dans les financements. Bien que l’ANSEJ ait lancé un fonds dédié aux technologies numériques, seuls 12 % des projets soutenus en 2025 relèvent de ce domaine. « Les jeunes entrepreneurs peinent à accéder aux financements en raison de l’absence de garanties matérielles », explique un expert en économie numérique, soulignant un décalage entre les ambitions gouvernementales et la réalité du terrain.
Impact économique et limites
Pourtant, l’impact global reste limité par rapport aux besoins du marché. L’Algérie compte plus de 1,5 million de chômeurs, dont une majorité de jeunes. Les financements publics, bien qu’en hausse, ne suffisent pas à absorber cette demande. Par ailleurs, le taux de pérennité des entreprises créées via l’ANSEJ reste inférieur à 60 % après trois ans, un chiffre qui interroge sur la viabilité des modèles économiques soutenus.
Vers une diversification des sources de financement
Des initiatives comme le « Startup Act », adopté en 2024, offrent déjà des avantages fiscaux aux jeunes entreprises, mais leur application reste inégale. Les entrepreneurs réclament une simplification des démarches et un accès facilité aux marchés publics. « Les appels d’offres sont souvent réservés aux grandes entreprises, ce qui exclut les PME innovantes », déplore un fondateur de startup algérois.
Un bilan contrasté
En attendant, les porteurs de projets continuent de se tourner vers les dispositifs publics, faute d’alternatives. « Sans l’ANSEJ, mon entreprise n’existerait pas », confie une jeune entrepreneure de Béjaïa, dont le projet de recyclage de déchets a bénéficié d’un financement en 2024. Son témoignage illustre à la fois l’utilité du système et les attentes qu’il suscite pour l’avenir.