Fethi Gasmi et les défis du CREA en Algérie

Fethi Gasmi, membre fondateur du Centre de Recherche en Économie Appliquée pour le Développement (CREA), a récemment mis en lumière les obstacles auxquels fait face cette institution clé dans le paysage économique algérien. Selon horizons.dz, son intervention souligne les difficultés structurelles et conjoncturelles qui entravent le développement des startups et de l’innovation en Algérie, malgré les ambitions affichées par le pays.

Un acteur clé de la recherche économique

Cependant, malgré son importance stratégique, le CREA peine à pleinement jouer son rôle d’incubateur d’idées et de solutions pour les startups algériennes. Gasmi a pointé du doigt plusieurs freins, parmi lesquels le manque de financements dédiés, la lenteur des procédures administratives et un écosystème encore peu mature pour soutenir l’innovation.

Des obstacles administratifs et financiers persistants

Sur le plan financier, le CREA et les startups algériennes souffrent d’un accès limité aux fonds. Les banques locales, encore réticentes à financer des projets innovants en raison des risques perçus, privilégient les secteurs traditionnels comme l’énergie ou le BTP. Les dispositifs publics d’aide, bien que existants, sont souvent méconnus ou mal adaptés aux besoins des jeunes pousses. Gasmi a souligné que sans un soutien financier accru et des mécanismes de garantie plus souples, l’Algérie risque de rester en marge des dynamiques régionales en matière d’innovation.

Un écosystème en construction

Fethi Gasmi a insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre les universités, les centres de recherche comme le CREA et le secteur privé. En Algérie, la collaboration entre ces acteurs est encore faible, ce qui limite la transformation des idées en projets concrets. Par exemple, les résultats des recherches menées par le CREA sur des sujets comme la transition énergétique ou la digitalisation de l’économie peinent à trouver des applications pratiques dans les entreprises locales.

Les enjeux pour l’économie nationale

Cependant, sans une simplification des procédures, un accès facilité aux financements et une meilleure synergie entre les acteurs publics et privés, l’Algérie risque de rater le coche de la révolution numérique et technologique. Fethi Gasmi a appelé à une refonte des mécanismes de soutien, en s’inspirant des modèles qui ont fait leurs preuves dans d’autres pays, comme la Tunisie avec son écosystème startup dynamique ou le Maroc avec ses zones franches dédiées à l’innovation.

Vers une prise de conscience collective

Les propos de Gasmi rappellent que le développement d’un écosystème startup performant ne se décrète pas. Il nécessite des réformes profondes, une volonté politique constante et une mobilisation de tous les acteurs concernés. Pour l’Algérie, l’enjeu est double : non seulement rattraper son retard dans le domaine de l’innovation, mais aussi créer un environnement propice à l’émergence de champions nationaux capables de rivaliser à l’international.

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