Sidjilcom accélère la création d’entreprises en Algérie
En quatre ans seulement, le service public Sidjilcom a permis l’inscription de plus de 220 000 nouvelles entreprises en Algérie. Selon Maghreb Émergent, cette performance place l’Algérie parmi les pays africains où la création d’entreprise a connu une croissance la plus rapide. Pour les entrepreneurs, cela signifie une simplification administrative sans précédent, mais aussi des défis liés à la qualité de ces nouvelles structures.
Sidjilcom, plateforme gérée par le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations, a réduit les délais de création d’entreprise de plusieurs semaines à quelques jours. En 2025, un entrepreneur peut désormais immatriculer sa société en ligne, sans avoir à se déplacer dans un centre d’affaires. Selon les chiffres officiels, le nombre de demandes a dépassé les 50 000 par mois en 2025, un rythme trois fois supérieur à celui de 2021.
Un outil pour qui ?
Pour les jeunes entrepreneurs, Sidjilcom est devenu un passage obligé. En 2025, 60 % des nouvelles entreprises immatriculées via cette plateforme ont été créées par des moins de 35 ans. À Alger, Oran et Constantine, les centres d’affaires locaux confirment une affluence record, notamment auprès des porteurs de projets dans les services, le numérique et l’artisanat.
Un exemple marquant : à Blida, une coopérative de femmes produisant des produits cosmétiques bio a pu s’immatriculer en 25 jours seulement, contre trois mois auparavant. « Sans Sidjilcom, nous n’aurions pas pu commencer », explique la gérante, Fatima Zohra, contactée par Maghreb Émergent.
Les limites d’une croissance rapide
Cependant, cette explosion du nombre d’entreprises soulève des questions sur leur viabilité à long terme. Selon des experts cités par Maghreb Émergent, près de 30 % des nouvelles structures pourraient disparaître dans les deux premières années, faute de business model solide ou de fonds de roulement suffisant.
Les entrepreneurs interrogés pointent aussi des difficultés persistantes : accès limité au crédit bancaire, manque de formation en gestion pour certains porteurs de projets, et concurrence accrue dans des secteurs déjà saturés comme le commerce de détail.
Le cas du commerce ambulant
Le Registre de commerce ambulant, mis en place en 2022, a enregistré 15 000 jeunes entrepreneurs en un an, selon Le Jeune Indépendant. Ce dispositif cible les vendeurs informels souhaitant se formaliser. À Alger, les rues de la Casbah et de Bab El Oued voient désormais des kiosques immatriculés en bonne et due forme, une première dans l’histoire économique du pays.
Pourtant, les contraintes persistent : coût des formalités pour certains, méconnaissance des procédures, et surtout, la difficulté à accéder aux espaces publics pour installer leurs commerces. « On nous demande de payer des droits, mais personne ne nous garantit un emplacement », témoigne un vendeur de rue à Alger, sous couvert d’anonymat.
L’impact sur la diaspora
Pour la diaspora algérienne, Sidjilcom représente une opportunité inédite de créer une entreprise à distance. Depuis 2021, plus de 5 000 entrepreneurs de la diaspora ont utilisé la plateforme pour immatriculer une société en Algérie, principalement dans les secteurs de l’immobilier, des technologies et de l’agroalimentaire.
Un ingénieur basé à Montréal raconte : « En trois jours, j’ai pu enregistrer ma startup spécialisée dans les énergies renouvelables. C’est un changement radical par rapport à avant, où il fallait faire des allers-retours coûteux. »
Cependant, des obstacles financiers subsistent : les banques algériennes exigent souvent un compte local pour débloquer des fonds, ce qui complique la situation pour les entrepreneurs expatriés.
Les prochaines étapes
Le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations a annoncé récemment des mesures pour accompagner les entrepreneurs issus de Sidjilcom. Parmi elles, un programme de mentorat avec des chefs d’entreprise expérimentés et des ateliers de formation en gestion.
À terme, l’objectif est d’améliorer le taux de survie des nouvelles entreprises. Pour y parvenir, les pouvoirs publics misent sur la simplification des procédures fiscales et un meilleur accès au financement.
À retenir pour les entrepreneurs
Sidjilcom a transformé la création d’entreprise en Algérie, mais sa réussite dépendra de la capacité des entrepreneurs à transformer leur immatriculation en activité pérenne. Les secteurs du numérique et de l’artisanat offrent des opportunités, tandis que les jeunes porteurs de projets doivent veiller à sécuriser leurs fonds et leurs espaces d’exercice. Pour la diaspora, la plateforme facilite les démarches, mais des solutions bancaires adaptées restent à inventer.
💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.