L’Algérie veut tripler ses exportations de dattes

L’Algérie mise sur les dattes pour dynamiser ses exportations agricoles. Selon tsa-algerie.com, les autorités visent un triplement des volumes d’exportation d’ici 2025, un objectif ambitieux qui s’appuie sur la qualité des palmiers algériens et une stratégie commerciale offensive.

Réuni récemment, le Conseil national de l’exportation a acté ce cap lors d’une réunion présidée par le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Tayeb Zitouni. Une feuille de route a été validée pour renforcer la présence des dattes algériennes sur les marchés internationaux, notamment en Europe et en Asie. L’Algérie exporte actuellement environ 200 000 tonnes de dattes par an, un volume jugé sous-exploité au regard du potentiel du secteur.

Le secteur des dattes en Algérie représente un atout économique majeur. Avec plus de 18 millions de palmiers répartis principalement dans le sud du pays, notamment dans les wilayas de Ouargla, Adrar, Ghardaïa et Béchar, la production nationale atteint 1,2 million de tonnes annuellement. Pourtant, seulement 15 % de cette production est exportée, le reste étant absorbé par le marché local ou transformé en produits dérivés. Les dattes algériennes, appréciées pour leur qualité et leur variété, sont surtout vendues à faible valeur ajoutée sur les marchés africains et moyen-orientaux.

Pour atteindre l’objectif de triplement des exportations, plusieurs leviers sont activés. D’abord, l’amélioration de la qualité via des normes sanitaires strictes et des certifications internationales. Ensuite, la diversification des débouchés à l’export, avec une attention particulière portée sur l’Europe, où la demande en produits bio et haut de gamme est croissante. Enfin, la création de partenariats avec des importateurs étrangers pour sécuriser des contrats à long terme.

Parmi les variétés phares qui pourraient tirer profit de cette stratégie, la Deglet Nour, la plus réputée, ainsi que la Ghars, la Degla Beïda et l’Aguellid. Ces dattes, déjà exportées vers des pays comme la France, l’Allemagne et l’Italie, pourraient conquérir de nouveaux marchés si les conditions logistiques et commerciales sont réunies.

Toutefois, des défis persistent. La concurrence des autres pays producteurs, comme la Tunisie ou l’Égypte, reste forte. De plus, les coûts logistiques, notamment le transport depuis le sud vers les ports, pèsent sur la compétitivité des prix. Enfin, l’accès au financement pour les petits producteurs et transformateurs freine parfois leur capacité à investir dans l’amélioration de la qualité et la certification.

Pour les entrepreneurs algériens, cette stratégie ouvre des opportunités. Les acteurs du secteur pourraient se positionner sur la transformation des dattes en produits à haute valeur ajoutée, comme les dattes fourrées, les pâtes de dattes ou les boissons à base de dattes. Les opportunités d’export vers l’Europe, où les normes sanitaires sont strictes, incitent aussi à investir dans des unités de production conformes aux exigences internationales.

Les acteurs de la diaspora algérienne pourraient aussi jouer un rôle clé. En facilitant les contacts avec des importateurs étrangers ou en investissant dans des projets logistiques, ils pourraient contribuer à renforcer la chaîne de valeur. Des initiatives comme le programme « Export Help Algeria », lancé par le ministère du Commerce, visent justement à accompagner les entrepreneurs et la diaspora dans cette démarche.

À retenir pour les entrepreneurs :
Les exportations de dattes visent 600 000 tonnes d’ici 2025. Les variétés Deglet Nour et Ghars sont prioritaires. Les normes sanitaires et les partenariats commerciaux sont les principaux leviers.

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