L’Algérie s’apprête à franchir une étape décisive dans sa transition énergétique en 2026, selon Jeune Afrique. Le pays, déjà engagé dans un ambitieux programme de développement des énergies renouvelables, pourrait voir ses efforts porter leurs fruits d’ici l’année prochaine, avec des répercussions majeures sur son économie et son environnement. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte régional où l’Afrique du Nord cherche à apaiser ses tensions géopolitiques tout en accélérant sa mutation énergétique.
Des mégaprojets solaires en passe de redessiner le paysage énergétique
Selon Jeune Afrique, ces infrastructures pourraient permettre à l’Algérie de couvrir jusqu’à 30 % de sa consommation électrique nationale d’origine renouvelable d’ici 2030, contre moins de 5 % actuellement. Un bond significatif, rendu possible par des investissements estimés à plus de 3 milliards de dollars sur la période 2023-2026. « L’Algérie a les moyens de devenir un leader régional dans le solaire, grâce à son ensoleillement exceptionnel et à sa position géographique stratégique », souligne un expert cité par le média.
Réduction des émissions et souveraineté énergétique
Le ministre de la Transition énergétique, Mohamed Arkab, a récemment déclaré que « l’Algérie ne se contente pas de suivre les tendances mondiales, elle les anticipe ». Une affirmation étayée par le lancement, en 2025, d’un appel d’offres pour la construction de cinq nouvelles centrales solaires dans les wilayas d’Adrar, Tamanrasset et Béchar. Ces zones désertiques, autrefois perçues comme des contraintes, deviennent des atouts grâce à leur potentiel solaire.
Un levier pour l’emploi et l’innovation locale
Par ailleurs, des start-up locales émergent dans le domaine de l’innovation solaire. Des entreprises comme Condor Electronics ou Sonatrach Solar développent des solutions adaptées au climat saharien, comme des panneaux résistants aux tempêtes de sable ou des systèmes de stockage d’énergie plus performants. Ces initiatives pourraient positionner l’Algérie comme un hub technologique pour les pays voisins, notamment la Tunisie et le Maroc, avec lesquels les échanges énergétiques pourraient s’intensifier.
L’Afrique du Nord entre coopération et rivalités
Ces initiatives s’inscrivent dans une logique de complémentarité régionale. L’Algérie, avec son potentiel solaire, pourrait exporter de l’électricité verte vers l’Europe, tandis que le Maroc mise sur l’éolien et l’hydraulique. La Tunisie, quant à elle, cherche à attirer des investisseurs algériens pour développer ses propres parcs solaires. « L’énergie pourrait devenir un facteur d’apaisement en Afrique du Nord, à condition que les États surmontent leurs divergences politiques », analyse un diplomate africain.
Des défis persistants malgré l’optimisme
Enfin, la concurrence internationale s’intensifie. Des pays comme l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis investissent massivement dans le solaire, menaçant la position de l’Algérie sur le marché des exportations d’énergie verte. Pour rester compétitive, Alger devra accélérer ses réformes et attirer davantage d’investisseurs étrangers, notamment en assouplissant les règles sur les partenariats public-privé.