Yassaâ accélère la souveraineté énergétique face à la crise climatique

L’Algérie mise sur les énergies renouvelables pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures et sécuriser son approvisionnement, alors que le changement climatique aggrave les tensions sur l’eau et l’électricité. Le secrétaire d’État chargé des Énergies renouvelables, Noureddine Yassaâ, a récemment réaffirmé cette stratégie, soulignant que le pays œuvre à « renforcer sa souveraineté technologique » dans un secteur clé pour l’économie nationale.

Une transition énergétique sous pression

Pour les entrepreneurs, cette transition représente à la fois un défi et une opportunité. Les investissements dans les énergies propres ont bondi de 40 % depuis 2023, avec un focus sur le solaire et l’éolien. Les appels d’offres lancés par Sonelgaz et les collectivités locales ont attiré des acteurs locaux comme les groupes Cevital et Nareva, mais aussi des fonds étrangers, notamment via les partenariats avec la Banque africaine de développement (BAD). En 2025, le gouvernement a fixé un objectif de 30 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ici 2030, un seuil qui pourrait stimuler la demande en équipements et en maintenance.

Un marché porteur malgré les obstacles

La diaspora algérienne joue aussi un rôle croissant. Des entrepreneurs basés en France, en Allemagne ou au Canada investissent dans des fermes solaires ou des unités de méthanisation, profitant des incitations fiscales locales et des accords de double imposition. En 2024, les transferts de fonds des Algériens de l’étranger ont atteint 12 milliards de dollars, une partie non négligeable pouvant être réorientée vers des projets verts. Des plateformes comme Wafa Invest ou Algeria Green Tech facilitent désormais ces retours d’investissements, avec des garanties sur la stabilité juridique.

L’agriculture et l’eau, secteurs sous tension

Pour les agriculteurs et les agro-industriels, les opportunités sont doubles. D’une part, les subventions pour l’agriculture durable (comme le programme Green Algeria) couvrent jusqu’à 50 % des coûts d’équipements économes en eau. D’autre part, la demande en produits locaux résilients au climat – comme les dattes ou les légumes secs – augmente, notamment à l’export. « Les entreprises qui misent sur la traçabilité et l’adaptation aux nouvelles conditions climatiques ont un avantage concurrentiel », note un rapport de l’INRAE cité récemment.

Un modèle à exporter pour la diaspora

Pour les Algériens de l’étranger, les retours d’investissements dans les énergies renouvelables ou l’agroécologie offrent des avantages fiscaux, notamment via les conventions fiscales bilatérales. La France, premier partenaire économique de l’Algérie, facilite ces flux avec des dispositifs comme le Crédit d’impôt transition énergétique (CITE), applicable aux projets algériens sous certaines conditions.

À retenir pour les entrepreneurs
Les énergies renouvelables et l’agroécologie représentent un marché en croissance, avec des aides publiques et des financements accessibles pour les PME. Les entrepreneurs doivent cibler des niches comme le biogaz, les serres intelligentes ou les systèmes hors réseau, où la demande est forte et les barrières à l’entrée moins élevées. Les transferts de la diaspora peuvent aussi être un levier, à condition de sécuriser les partenariats locaux.

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