Cette semaine, le ministère des Finances algérien a franchi une étape décisive dans la régulation des revenus numériques. Selon SeneNews, le Trésor public algérien va désormais prélever 18 % de TVA sur les revenus générés par les créateurs de contenus via Google. Une mesure qui cible directement les influenceurs, youtubeurs et autres producteurs de contenus en ligne, jusqu’ici peu ou pas imposés sur leurs gains publicitaires.
Un vide fiscal comblé
D’après des sources proches du dossier, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre l’évasion fiscale dans le secteur numérique. Elle s’appuie sur un décret exécutif publié en 2023, qui étend l’assiette fiscale aux revenus en ligne. « C’est une première en Afrique du Nord », souligne un expert en fiscalité interrogé par El Moudjahid. « L’Algérie rejoint ainsi des pays comme la France ou l’Australie, qui ont déjà mis en place des mécanismes similaires. »
Google dans le viseur
Pour les créateurs de contenus, cette mesure pourrait représenter un choc. Beaucoup d’entre eux, surtout les petits influenceurs, ne déclarent pas leurs revenus et fonctionnent en cash. « Certains vont devoir se mettre en règle, ou voir leurs marges fondre », explique un consultant en marketing digital basé à Alger. « D’autres pourraient même quitter la plateforme si les revenus deviennent trop faibles après impôts. »
Un impact limité mais symbolique
Reste à savoir comment Google va appliquer cette mesure. La multinationale n’a pas encore réagi officiellement, mais des sources internes indiquent qu’elle pourrait adapter ses outils de paiement pour les créateurs algériens. « Ils ont l’habitude de ces ajustements, ils le font déjà pour d’autres pays », précise un ancien employé de Google à Dublin.
Vers une fiscalité numérique plus large
Pour les créateurs de contenus, cette nouvelle donne pourrait aussi accélérer la professionnalisation du secteur. « Beaucoup vont devoir se structurer, créer des entreprises, embaucher des comptables », note un youtubeur algérien sous couvert d’anonymat. « C’est une bonne chose pour l’économie, mais ça va en décourager certains. »
Un test pour l’administration fiscale
D’autres pays africains, comme le Maroc ou la Tunisie, observent de près cette expérience. Si elle s’avère concluante, elle pourrait inspirer des réformes similaires dans la région. Pour l’Algérie, c’est aussi une façon de montrer qu’elle est capable de moderniser son système fiscal, sans attendre des solutions internationales souvent lentes à se mettre en place.
En attendant, les créateurs de contenus algériens ont quelques mois pour s’adapter. La mesure devrait entrer en vigueur d’ici la fin de l’année, selon des sources officielles. Une échéance qui promet des débats houleux entre ceux qui y voient une juste contribution, et ceux qui craignent une asphyxie du secteur.