Le rapport annuel de la Cour des comptes, publié récemment, met en lumière des dysfonctionnements persistants dans la gestion du budget de l’État algérien pour l’année 2024. Ce document, qui évalue l’exécution des dépenses et des recettes publiques, souligne des retards dans les investissements, des dépassements de crédits et des lacunes dans le contrôle des dépenses. Une analyse qui intervient dans un contexte économique marqué par la dépendance aux hydrocarbures et la nécessité de diversifier les sources de revenus.
Des dépassements de crédits récurrents
La Cour des comptes pointe également des retards dans l’exécution des projets d’investissement. Sur les 1 200 projets programmés en 2024, seulement 60 % ont été réalisés dans les délais impartis. Les secteurs des infrastructures et de l’éducation sont particulièrement touchés, avec des retards allant jusqu’à 18 mois pour certains chantiers. Ces lenteurs s’expliquent, selon le rapport, par des procédures administratives complexes et un manque de coordination entre les différentes institutions.
Une fiscalité sous-exploitée
Le rapport souligne par ailleurs l’absence de transparence dans la gestion des fonds publics. Plusieurs dépenses, notamment celles liées aux subventions et aux aides sociales, n’ont pas fait l’objet d’un suivi rigoureux. La Cour des comptes appelle à la mise en place d’un système de traçabilité des flux financiers pour éviter les détournements et optimiser l’utilisation des ressources.
Réactions et mesures annoncées
Du côté des observateurs économiques, ces révélations ne surprennent guère. L’économiste Abdelatif Rebah, interrogé par El Watan, estime que ces dysfonctionnements reflètent une « gestion budgétaire encore trop centralisée et peu adaptée aux réalités du terrain ». Il plaide pour une décentralisation des décisions financières et une plus grande autonomie des wilayas dans la gestion des budgets locaux.
Un budget sous pression
La Cour des comptes insiste sur la nécessité de réformer en profondeur le système budgétaire algérien. Parmi ses recommandations figurent la digitalisation des procédures, la formation des agents publics et l’adoption d’outils de gestion plus performants. Elle propose également la création d’un observatoire indépendant chargé d’évaluer en temps réel l’exécution du budget.
Vers une meilleure gouvernance ?
Le prochain budget, prévu pour 2026, sera un test pour mesurer les progrès réalisés. Si les réformes annoncées ne sont pas mises en œuvre rapidement, les mêmes problèmes risquent de se reproduire, avec des conséquences potentiellement lourdes pour l’économie nationale. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui doit prouver sa capacité à traduire les recommandations en actions concrètes.