TVA algérienne en hausse : comment les entrepreneurs profitent-ils de cette dynamique fiscale ?

La Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en Algérie a connu une progression notable ces dernières années, reflétant une meilleure collecte et une digitalisation accrue des déclarations. Selon des données récentes, les recettes liées à cette taxe ont dépassé les 1 000 milliards de dinars en 2025, un niveau inédit depuis la réforme fiscale de 2023. Cette performance s’explique par l’adoption généralisée de la télédéclaration, la lutte contre la fraude et l’élargissement de l’assiette fiscale. Pour les entrepreneurs algériens, cette tendance pose une question cruciale : cette hausse des recettes fiscales se traduit-elle par un environnement plus stable pour les PME, ou bien par une pression accrue sur les petites structures ?

La télédéclaration, un levier pour les entreprises… mais pas pour toutes

L’un des principaux moteurs de cette croissance est la télédéclaration obligatoire, imposée depuis 2024 par la Direction générale des impôts (DGI). Cette mesure, initialement conçue pour simplifier les démarches, a permis une traçabilité renforcée des transactions. Résultat : les retards de paiement de la TVA ont chuté de 30 % selon un rapport interne de la DGI cité par El Watan.

Pour les grandes entreprises comme SONATRACH ou CEVITAL, cette digitalisation est un gain de temps et une réduction des coûts administratifs. Les groupes disposant de systèmes ERP (comme SAP ou Oracle) ont pu s’adapter rapidement, limitant les risques d’erreurs ou de pénalités. En revanche, les TPE et PME, souvent moins équipées techniquement, subissent encore des difficultés. Certaines signalent des retards dans le traitement des déclarations ou des maladresses des agents de la DGI, selon des retours recueillis par des réseaux d’entrepreneurs comme Algeria Startup.

L’assiette fiscale s’élargit : quels secteurs sont les plus touchés ?

La hausse des recettes TVA ne profite pas uniformément à toutes les branches économiques. Les secteurs numériques, de la grande distribution et des services (restauration, tourisme) sont les plus contribuables, grâce à une facturation électronique systématique. À l’inverse, les secteurs informels (artisanat, commerce de proximité) et certaines PME industrielles peinent à déclarer l’intégralité de leur chiffre d’affaires.

Un exemple frappant : le secteur du BTP, où près de 40 % des entreprises ne déclarent pas toutes leurs transactions, selon une étude de la Chambre de commerce d’Alger (CCI). Cette opacité freine la croissance du secteur et expose les entrepreneurs à des contrôles fiscaux aléatoires. La DGI a renforcé ses vérifications ciblées, mais le manque de transparence persiste dans certains domaines.

La diaspora algérienne : un réservoir de recettes fiscales sous-exploité

Alors que la TVA progresse en Algérie, un autre levier fiscal reste largement inexploité : les revenus de la diaspora. Environ 3 milliards de dollars sont envoyés chaque année par les Algériens de l’étranger, selon la Banque d’Algérie. Pourtant, une partie de ces fonds transite par des circuits informels (Western Union, virements privés), échappant ainsi à toute taxation.

Certains pays, comme le Maroc avec son programme MRE Invest, ont mis en place des incitations fiscales pour attirer ces capitaux. En Algérie, aucune mesure similaire n’a été proposée. Pourtant, une TVA réduite ou des exonérations ciblées pourraient encourager les entrepreneurs de la diaspora à réinvestir localement, tout en augmentant les recettes fiscales. Une piste que le gouvernement semble ignorer pour l’instant.

Sources
Financial Afrik
El Watan

À retenir pour les entrepreneurs
La hausse de la TVA en Algérie offre une meilleure visibilité sur les recettes de l’État, mais les PME doivent anticiper les contrôles fiscaux et adopter la télédéclaration pour éviter les pénalités. Les secteurs informels et la diaspora représentent encore des opportunités inexploitées pour élargir l’assiette fiscale sans étouffer la croissance.

Sources

💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.

Créer mon entreprise Pack 10 Fiches Business — diaspora

Laisser un commentaire