Le chantier du tramway d’Alger, lancé en 2025 avec un budget initial de 1 200 milliards de dinars, devient un symbole des tensions entre modernisation économique et survie des PME algériennes. Les appels d’offres massifs, les retards répétés et les ajustements de dernière minute sur les marchés publics laissent les créateurs d’entreprise et la diaspora algérienne face à un dilemme : opportunité ou piège à éviter ?
Un budget qui fait pâlir les PME algéroises
Les appels d’offres lancés par l’ETUSA (Entreprise de Transport Urbain par Système Automatique) ciblent des sous-traitants pour les voies ferrées, les stations et l’électrification. Problème : les critères de sélection favorisent systématiquement les grands groupes étrangers (Chinois, Français, Turcs) ou les filiales des entreprises publiques algériennes comme SONATRACH ou SONELGAZ, via des partenariats publics-privés (PPP).
La diaspora algérienne en mode "survie économique"
Un rapport de Banque Algérie Export (BAX) publié en 2025 révèle que 42 % des Algériens de la diaspora investissent dans des projets locaux, mais seulement 8 % osent postuler aux marchés publics liés aux grands chantiers. La raison ? Les délais de règlement dépassent souvent 6 à 12 mois, et les pénalités de retard sont rares. Résultat : beaucoup préfèrent placer leur argent dans l’immobilier ou les startups plutôt que de s’engager dans des contrats à risque.
Les retards du tramway : un casse-tête pour les sous-traitants
Pour les entrepreneurs locaux, ces aléas se traduisent par :
– Des avances de trésorerie bloquées (jusqu’à 30 % du montant du contrat exigé en garantie).
– Des pénalités de retard appliquées aux sous-traitants, mais jamais aux grands donneurs d’ordres.
– Une concurrence déloyale : les entreprises étrangères bénéficient de prêts à taux zéro via des accords bilatéraux (comme celui signé avec la Chine en 2024 pour le financement des infrastructures).
Comment les PME algéroises peuvent-elles profiter du tramway ?
L’exemple chinois : un modèle à éviter ?
Un entrepreneur d’Oran, Karim B., qui a tenté de postuler à un appel d’offres pour les stations de tramway, raconte : « On m’a demandé des garanties bancaires équivalentes à 50 % du montant du contrat. Avec un prêt à 12 % d’intérêt, c’est du suicide. Les Chinois, eux, ont des prêts à 2 %. Comment rivaliser ? »
La diaspora doit-elle investir dans ce projet ?
Pourtant, certains y voient une opportunité. Djamel A., président de la Fédération des Algériens de l’Étranger (FAE), conseille : « Plutôt que de postuler directement aux grands marchés, mieux vaut investir dans des PME locales qui travailleront sur le tramway. Ainsi, on diversifie les risques et on soutient l’économie nationale. »
À retenir pour les entrepreneurs
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