Tourisme thermal algérien : 200 acteurs réunis à Guelma pour un marché de 300 milliards de dinars

Un secteur en pleine mutation, mais encore sous-exploité

Le tourisme thermal en Algérie représente un potentiel économique colossal, estimé à plus de 300 milliards de dinars par an selon des études sectorielles citées par des experts lors du Forum national du tourisme thermal organisé les 26 et 27 octobre à Guelma. Pourtant, ce secteur, souvent perçu comme un « niche », peine à attirer les investisseurs privés malgré ses atouts : 120 stations thermales réparties sur tout le territoire, dont certaines comme Hammam Debagh ou Hammam Ouled Ali sont reconnues internationalement pour leurs vertus thérapeutiques.

Pour les entrepreneurs, cette actualité est un signal fort : le gouvernement accélère enfin la structuration d’un écosystème touristique thermal, mais les opportunités restent concentrées entre les mains de quelques acteurs publics. Le Forum de Guelma, qui rassemble plus de 200 participants (investisseurs, experts, collectivités locales), marque une étape clé. Son objectif ? Valoriser les atouts naturels de l’Algérie tout en identifiant des leviers concrets pour attirer des capitaux privés.

Des investissements publics qui ouvrent la voie aux PME

La réhabilitation de l’hôtel Safir à Alger, inspectée récemment par la ministre du Tourisme Houria Meddahi, illustre cette dynamique. Avec 137 chambres en cours d’équipement et un rythme de travail en 3×8 pour respecter les délais, ce projet public de plus de 5 milliards de dinars (estimation basée sur des contrats similaires) pourrait servir de modèle pour des partenariats public-privé (PPP) dans le thermal.

Pour les PME et les porteurs de projets, cette actualité est une opportunité à saisir :
– Appels d’offres en hausse : Le ministère du Tourisme a multiplié les consultations pour la rénovation d’infrastructures thermales (ex : complexe de Hammam Bou Hadjar à Constantine).
– Financements facilités : Certaines wilayas, comme Guelma, proposent des subventions ciblées pour les entreprises locales souhaitant se lancer dans l’hébergement ou les soins thermaux.
– Demande internationale croissante : Les stations algériennes attirent déjà des touristes européens (notamment français et belges) pour des cures à prix compétitifs (entre 15 000 et 30 000 dinars pour un séjour de 10 jours).

Cependant, les obstacles restent nombreux : lourdeur administrative, accès limité aux crédits bancaires pour les jeunes entreprises, et concurrence des destinations tunisienne et marocaine, mieux positionnées sur le marché du thermal haut de gamme.

La diaspora algérienne, un levier sous-utilisé

Avec plus de 3 millions d’Algériens résidant en France, en Belgique ou en Suisse, la diaspora représente un vivier de clients et d’investisseurs potentiels. Pourtant, seulement 10 % des touristes thermaux en Algérie viennent de l’étranger, contre 30 % pour le Maroc ou la Tunisie (source : rapport de l’ONMT, 2025).

Le Forum de Guelma pourrait changer la donne en mettant en avant :
– Des partenariats avec des agences de voyage diasporiques (ex : des opérateurs franco-algériens comme Voyages Berbères ou Alger Tour).
– Des incitations fiscales pour les Algériens de l’étranger souhaitant investir dans des stations thermales (projet de loi en discussion au Parlement).
– Des plateformes digitales pour promouvoir les cures algériennes auprès des communautés expatriées (ex : campagnes ciblées sur Facebook ou Instagram via des influenceurs algéro-français).

Pour les entrepreneurs de la diaspora, les opportunités sont doubles :
1. Créer des agences de voyage spécialisées dans le thermal algérien, avec des packages « tout compris » (vol + cure + hébergement).
2. Investir dans des infrastructures via des fonds dédiés (comme le Fonds de développement des régions du Sud, qui pourrait être étendu au thermal).

À retenir pour les entrepreneurs

Le tourisme thermal algérien est un secteur en croissance, mais son décollage dépendra de la capacité des PME à saisir les appels d’offres publics et à cibler la demande de la diaspora. Les prochains mois seront cruciaux : le gouvernement prépare un plan quinquennal (2027-2031) pour doubler les capacités d’accueil thermal, avec un budget de plus de 100 milliards de dinars. Pour les créateurs d’entreprise, cela signifie :
– Vigilance sur les annonces du ministère du Tourisme (les appels d’offres seront publiés sur le site [www.anp.dz](https://www.anp.dz)).
– Partenariats avec les collectivités locales (les wilayas comme Guelma ou Constantine offrent des terrains à prix préférentiels pour les projets thermaux).
– Mise en avant des atouts différenciants : l’Algérie peut miser sur le low-cost thermal (prix 2 à 3 fois inférieurs à ceux de la France ou de l’Allemagne) et sur des niches comme les cures pour seniors ou les soins anti-stress.

Sources

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