Tebboune mise sur l’irrigation high-tech pour l’agriculture algérienne

Le président Abdelmadjid Tebboune a placé l’innovation technologique au cœur de la stratégie agricole algérienne lors de la cérémonie marquant le 50e anniversaire de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), organisée récemment à Alger. Selon El Moudjahid, qui a couvert l’événement, Tebboune a insisté sur la nécessité d’intégrer les nouvelles technologies dans l’irrigation et la gestion des ressources hydriques pour booster la productivité du secteur. Une orientation qui s’inscrit dans un contexte de pression croissante sur les ressources en eau, aggravée par les changements climatiques et une demande agricole en hausse.

L’Algérie, confrontée à des épisodes de sécheresse récurrents, cherche à moderniser son système d’irrigation pour réduire le gaspillage et optimiser l’utilisation de l’eau. Tebboune a souligné que les jeunes agriculteurs devaient être formés aux techniques d’irrigation intelligente, comme le goutte-à-goutte ou les systèmes pilotés par intelligence artificielle. Ces méthodes, déjà testées dans certaines wilayas comme Biskra et Ouargla, permettent d’économiser jusqu’à 40 % d’eau par rapport aux techniques traditionnelles, selon des données du ministère de l’Agriculture. Le président a également appelé à une meilleure exploitation des eaux non conventionnelles, notamment le dessalement et la réutilisation des eaux usées traitées, pour irriguer les cultures.

Cette approche technologique s’accompagne d’un plan de mobilisation des jeunes dans le secteur agricole. Tebboune a annoncé des incitations fiscales et des facilités de crédit pour les porteurs de projets innovants, notamment ceux liés à l’agriculture de précision. L’objectif est de créer 500 000 emplois dans le secteur d’ici 2027, selon les projections du gouvernement. Des partenariats avec des entreprises étrangères, comme le groupe italien BF, qui cultive déjà 36 000 hectares en Algérie, montrent que cette stratégie commence à porter ses fruits. BF utilise des techniques d’irrigation avancées et des capteurs pour surveiller l’humidité des sols, une pratique qui pourrait être généralisée.

La gestion rationnelle de l’eau reste un défi majeur, comme l’a rappelé le ministre des Ressources en eau, Karim Hasni, lors d’une visite récente à Tlemcen. D’après la Radio algérienne, Hasni a insisté sur la nécessité de sensibiliser les agriculteurs à l’utilisation efficace de l’eau, tout en modernisant les infrastructures. Le gouvernement prévoit d’investir 100 milliards de dinars dans la réhabilitation des réseaux d’irrigation d’ici 2026, avec un accent particulier sur les wilayas du Sud, où les ressources hydriques sont les plus limitées.

L’agriculture représente environ 15 % du PIB algérien, selon El Khabar, et cette part pourrait augmenter si les projets d’irrigation high-tech se concrétisent. Des initiatives locales, comme l’utilisation de l’intelligence artificielle pour optimiser les apports en eau, ont déjà montré des résultats prometteurs. Horizons.dz a rapporté que des start-up algériennes développent des solutions basées sur l’IA pour analyser les besoins hydriques des cultures en temps réel, réduisant ainsi les pertes et améliorant les rendements.

Cependant, des obstacles persistent. La bureaucratie et le manque de formation des agriculteurs freinent parfois l’adoption de ces technologies. Pour y remédier, le ministère de l’Agriculture a lancé des programmes de formation en collaboration avec des universités et des centres de recherche. L’objectif est de former 10 000 techniciens spécialisés en irrigation d’ici 2025, selon des sources officielles.

L’Algérie n’est pas seule dans cette démarche. Des pays voisins, comme le Maroc, font face aux mêmes défis et investissent massivement dans l’irrigation intelligente. Mais avec ses vastes terres agricoles et ses ressources en énergie solaire, l’Algérie dispose d’atouts pour devenir un modèle en la matière. Si les projets annoncés se concrétisent, le pays pourrait non seulement sécuriser sa production agricole, mais aussi exporter son expertise dans la région.

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